Israël: les violences font deux nouveaux morts palestiniens, la colère gronde

Scène d'affrontement entre Gazaouis et force de sécurité israéliennes au point de passage de Nahal Oz, le 10 octobre 2015. (AFP/MAHMUD HAMS)
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Scène d'affrontement entre Gazaouis et force de sécurité israéliennes au point de passage de Nahal Oz, le 10 octobre 2015. (AFP/MAHMUD HAMS)
Scène d’affrontement entre Gazaouis et force de sécurité israéliennes au point de passage de Nahal Oz, le 10 octobre 2015. (AFP/MAHMUD HAMS)

Les violences ont fait deux morts palestiniens de plus samedi à la frontière de la bande de Gaza, tandis que des milliers de personnes signifiaient lors de funérailles que la colère n’était pas près de retomber.

À Jérusalem-Est, deux Palestiniens de 16 et 19 ans ont par ailleurs été abattus par les policiers israéliens tout près de la Vieille ville, après avoir, dans deux attaques séparées, blessé légèrement au couteau deux juifs ultra-orthodoxes ainsi que deux policiers israéliens.

Pour la deuxième journée consécutive, les jeunes Palestiniens de la bande de Gaza sont allés par centaines défier les soldats israéliens postés de l’autre côté de la barrière séparant l’enclave palestinienne du territoire israélien.

Outre exprimer leur solidarité avec la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées secouées par les heurts depuis le 1er octobre, les Gazaouis cherchaient aussi à donner libre cours à leur propre hargne causée par trois guerres en six ans avec Israël, le marasme et une réclusion presque totale.

Durant les heurts, deux adolescents de 13 et 15 ans ont été tués à l’est de Khan Younès (sud) près de la frontière.

La bande de Gaza, jusqu’alors restée à l’écart de l’escalade, y a été attirée vendredi quand sept jeunes Palestiniens ont été tués et 145, blessés, par des tirs israéliens le long de la barrière qui, avec la frontière égyptienne, enferme hermétiquement le territoire.

L’armée israélienne avait alors expliqué avoir ouvert le feu parce que les Palestiniens, entrés dans le no man’s land, s’en prenaient à la barrière et menaçaient d’y percer une brèche et de prendre d’assaut les communautés israéliennes proches.

L’inconnue Hamas

Il s’agissait de l’évènement le plus meurtrier entre Palestiniens de Gaza et Israéliens depuis la guerre meurtrière de juillet-août 2014.

La mort samedi de deux nouveaux Palestiniens pose plus que jamais la question de la réaction de l’enclave, du mouvement islamiste Hamas qui la gouverne d’une main de fer et des autres organisations combattantes qui s’y trouvent.

Une roquette tirée de Gaza est tombée la nuit dernière dans un secteur inhabité du sud d’Israël sans faire de blessé. Fait exceptionnel, Israël n’a pas lancé de raid aérien de riposte dans l’immédiat, indication possible d’une volonté de ne pas enclencher une spirale d’hostilités.

Le Hamas pourrait ne pas avoir intérêt à envenimer les choses, estiment les experts, car il se reconstruit après avoir été durement frappé par la guerre de 2014. A contrario, il ne peut rester à l’écart du mouvement en cours.

Mais samedi après les funérailles d’un des morts de la veille, des hommes en civil appartenant visiblement au Hamas ont dispersé pacifiquement des centaines de jeunes palestiniens qui ont pris la direction de la barrière.

C’était néanmoins avant la mort des deux adolescents dans l’après-midi. L’un des morts a été porté au cimetière sur les épaules des combattants masqués et armés des brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas.

Morts et arrestations

La Cisjordanie et Jérusalem occupées ont-elles continué à être secouées par les heurts qui ont suivi les funérailles houleuses de trois Palestiniens tués les jours précédents.

À Jérusalem-Est, des centaines d’hommes en colère ont accompagné le cercueil d’un Palestinien de 22 ans tué par des tirs israéliens lors d’une nouvelle bataille rangée dans le camp de réfugiés de Chouafat la veille.

Il est le deuxième Palestinien à succomber en moins de 48 heures dans ce camp, irréductible bastion palestinien. Des heurts, désormais quotidiens, y ont ensuite opposé palestiniens et policiers israéliens.

Des foules plus vues depuis longtemps de milliers de personnes ont porté à bout de bras à Hébron et Yatta, en Cisjordanie, les corps de deux jeunes abattus après des attaques à l’arme blanche contre des Israéliens.

La Cisjordanie, territoire palestinien occupée séparé de Gaza par le territoire israélien, et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, sont en proie à des tensions qui ont réveillé le spectre d’une troisième intifada, du nom des soulèvements populaires de 1987 et 2000 ayant fait des milliers de morts.

Les analystes estiment qu’on n’en est pas là, mais mettent en garde contre le risque qu’un incident grave ne mette le feu aux poudres pour de bon.

Vingt Palestiniens ont été tués, dont sept auteurs présumés d’attaques à l’arme blanche, ainsi que quatre Israéliens depuis le nouveau cycle de violences le 1er octobre. Israël a arrêté 400 Palestiniens, dont la moitié âgée de 14 à 20 ans, selon le Club des prisonniers palestinien