Le Kurdistan irakien diffuse des témoignages d’ex-prisonniers de l’EI

Des otages détenus par l'EI et libérés le 22 octobre 2015 lors d'une opération de commando américano-hurde à Hawija en Irak parlent de leur épreuve.(Vidéo/Kurdistan Region Security Council)
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Des otages détenus par l'EI et libérés le 22 octobre 2015 lors d'une opération de commando américano-hurde à Hawija en Irak parlent de leur épreuve.(Vidéo/Kurdistan Region Security Council)
Des otages détenus par l’EI et libérés le 22 octobre 2015 lors d’une opération de commando américano-hurde à Hawija en Irak parlent de leur épreuve.(Vidéo/Kurdistan Region Security Council)

La région autonome du Kurdistan irakien a diffusé lundi une vidéo présentée comme celle d’ex-prisonniers du groupe État islamique (EI) libérés la semaine dernière dans une opération américano-kurde et disant avoir été torturés par les djihadistes.

Cette opération menée jeudi par des forces d’élite kurdes et des commandos américains a permis la libération d’environ 70 captifs de l’EI près de la ville de Hawija (nord) et coûté la vie à un soldat américain. Les Kurdes irakiens en ont diffusé dimanche un extrait en vidéo.

La vidéo publiée lundi montre [après les images de l’opération qu’on a déjà pu voir sur la première vidéo, ndlr] plusieurs des otages libérés serrant la main de combattants kurdes irakiens devant un grand portrait du président du Kurdistan irakien Massoud Barzani avant que certains d’entre eux évoquent leur calvaire dans la prison jihadiste.

« Ils (les djihadistes) mettaient des sacs en plastique sur nos têtes et, quand on s’évanouissait parce qu’on suffoquait, ils nous électrocutaient », explique un homme identifié comme Mohamed Hassan Abdallah, qui dit avoir été enfermé par l’EI car il était policier.

Selon des ex-prisonniers, les djihadistes exécutaient sur une base quasiment tous les jours à l’intérieur de la prison.

« Daech (un acronyme en arabe de l’EI) a massacré mon frère qui était officier et m’a redonné son corps décapité », déclare Saad Farraj, policier également.

Selon Ahmad Mahmoud, qui dit avoir été détenu à cinq reprises par l’EI, la torture était pratiquée jusqu’à ce que « vous admettiez à quel camp vous appartenez ». « Quand vous admettiez, vous étiez exécutés et si vous n’admettiez pas, ils continuaient à vous torturer », dit-il.

L’EI s’est emparé en 2014 de larges portions du territoire irakien sur lesquelles le groupe extrémiste sunnite, également présent en Syrie, fait régner la terreur avec son interprétation extrémiste de l’islam et commet régulièrement des atrocités.

Une coalition internationale menée par les États-Unis effectue depuis plus d’un an des raids aériens contre le groupe djihadiste en Irak pour aider les forces locales, irakiennes et kurdes irakiennes, à regagner le terrain perdu. La coalition intervient également en Syrie.