Le nombre de navires de combat de surface pourrait être aussi bas que 11, selon le ministre de la Défense

Le ministre de la Défense nationale Jason Kenney. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le ministre de la Défense nationale Jason Kenney a annoncé l'envoi de soldats canadiens en Estonie et en Lituanie. (MDN)
Le ministre sortant de la Défense nationale Jason Kenney a révélé qu’il pourrait y avoir aussi peu que 11 navires de combat de surface. (Archives/MDN)

Les inquiétudes sont de plus en plus fortes sur le projet des futurs navires de combat de surface canadiens, alors que le ministre sortant de la Défense nationale Jason Kenney a évoqué pour la première fois un nouveau chiffre, à la baisse.

À l’origine, la Marine royale canadienne prévoyait l’achat de 16 nouveaux navires pour remplacer sa flotte actuelle de frégates et de destroyers. Or, le ministère de la Défense nationale et le ministère des Travaux publics ont bloqué le budget à 26 milliards $.

En 2013, le Vérificateur général du Canada Michael Ferguson avait déjà averti que le budget serait insuffisant, en raison notamment de l’inflation galopante, des incertitudes du projet et du coût encore inconnu de la main d’oeuvre et du matériel.

Une solution envisagée serait de se servir de navires précédents, comme les frégates de classe Halifax, pour équiper les futurs navires de combat de surface canadiens. Toutefois, l’argent économisé ne ferait pas gagner grand chose, sans parler du fait de réutiliser de vieilles pièces, qui seront rapidement dépassées technologiquement.

Le ministre sortant de la Défense nationale Jason Kenney, en visite à Halifax vendredi, a donc déclaré tout naturellement: «Basé sur l’avis des experts que nous avons reçu de la Marine royale canadienne et après analyse exhaustive par le ministère des Travaux publics, à la suite du processus majeur le plus exhaustif et transparent dans l’histoire du gouvernement canadien, nous croyons qu’il est possible avec un budget de 26 milliards de $ de construire entre 11 et 15 navires de combat de surface».

Jusqu’à présent, le gouvernement avait toujours parlé de construire «jusqu’à 15» navires. Le ministre a donc révélé quel pourrait être le minimum, ce que l’on ignorait jusqu’alors.

Où cela nous mène t-il ?

Dans l’éventualité où le gouvernement déciderait de ne construire que le strict minimum de 11 navires, la Marine royale canadienne pourrait-elle continuer de remplir ses missions de défendre le Canada et prendre part à des opérations internationales avec nos alliés?

Avec, sans doute, six navires sur une côte et cinq sur l’autre, les forces maritimes canadiennes n’auraient alors que peu de marge de manœuvre. Entre les navires déployés pour des exercices ou des opérations, ceux en entraînement, ceux en grand carénage et ceux au repos… les marins canadiens seraient donc fréquemment appelés à servir.

De plus, un responsable du ministère de la Défense nationale avait indiqué à 45eNord.ca en mai 2015 que la technologie évoluant, on se dirige vers des navires avec de moins en moins de personnel à son bord pour le faire fonctionner.

Certains navires, comme les frégates françaises FREMM, utilisent un équipage de 100 marins seulement contre plus de 250 dans leurs équivalents canadiens.

Moins de navires, moins de marins, moins de Marine royale canadienne.