Le régime syrien avance dans la province d’Alep, peine dans celle de Homs

Des soldats du régime syrien patrouillent dans les environs d'Alep le 16 octobre 2015. (AFP/GEORGE OURFALIAN)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Des soldats du régime syrien patrouillent dans les environs d'Alep le 16 octobre 2015. (AFP/GEORGE OURFALIAN)
Des soldats du régime syrien patrouillent dans les environs d’Alep le 16 octobre 2015. (AFP/GEORGE OURFALIAN)

Les forces du régime, aidées des alliés russes et iraniens, progressaient samedi dans le nord de la Syrie mais rencontraient une forte résistance dans le centre, au 11e jour de leur offensive terrestre pour regagner du terrain aux rebelles.

Défendant l’intervention militaire russe dans la guerre en Syrie, le Premier ministre Dmitri Medvedev a affirmé que Moscou cherchait à y protéger ses « intérêts nationaux » et qu’elle ne tenait pas à ce que le pays reste dirigé par le président Bachar al-Assad.

L’offensive des forces syriennes et de leurs alliées. (AFP/I.deVéricourt/K.TIan/A.Bommenel)
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces coalisées de l’armée, des milices pro-régime, du Hezbollah libanais et des combattants iraniens et irakiens ont pris en 24 heures cinq villages et des collines de la province septentrionale d’Alep et se trouvaient aux portes de la localité clé d’Al-Hader.

« La prise de cette localité, à 25 km au sud de la ville d’Alep (chef-lieu de la province éponyme), permettrait de sécuriser une ligne d’approvisionnement de l’armée entre la province d’Alep et celle de Hama », plus au sud, a expliqué à l’AFP son directeur, Rami Abdel Rahmane.

La province d’Alep est quasi-entièrement aux mains du Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, et ses alliés islamistes, ou des jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Le régime ne contrôle qu’une route lui permettant d’approvisionner les quartiers de la ville d’Alep sous son contrôle.

Selon l’OSDH, depuis vendredi, 17 rebelles et huit membres des forces du régime ont été tués. Les combats ont poussé 2.000 familles à fuir leurs habitations.

Nouvelle base pour les Russes ?

D’après un responsable américain, près de 2.000 Iraniens ou combattants soutenus par l’Iran, comme ceux du Hezbollah ou de groupes irakiens, participent à l’offensive près d’Alep, dans « un effort coordonné » entre l’Iran, la Russie et le régime syrien.

Selon lui, pendant que les Iraniens et leurs groupes affiliés appuient les forces syriennes au sol près d’Alep, les Russes aide par les airs l’armée à prendre en tenailles les rebelles dans la province d’Idleb, à partir des provinces de Hama à l’est et de Lattaquié à l’ouest.

Selon le quotidien libanais Al-Akhbar, proche de l’Iran et du régime syrien, les « opérations lancées à Alep, et les combats de Hama et Lattaquié ont pour principal objectif, d’isoler Idleb (nord-ouest) ».

Dans la province d’Alep, les forces du régime cherchent aussi à briser le siège imposé par l’EI à l’aéroport militaire de Kweires, s’emparant d’une nouvelle localité environnante et se trouvant, selon une source militaire, à 6 km de la base.

Si elles réussissaient leur opération, cet aéroport pourrait être mis à la disposition de l’aviation russe qui est aujourd’hui basée dans celui de Hmeimim, au sud de Lattaquié, selon l’OSDH.

En revanche, dans la province centrale de Homs, l’armée faisait face à une résistance farouche des rebelles autour de Talbissé, sur l’autoroute internationale.

Divergences russo-américaines

« L’aviation russe a mené plusieurs raids sur Talbissé et le nord de la province de Homs tandis que de violents combats avaient lieu aux alentours de cette localité », située à 10 km au nord de la ville de Homs, selon l’OSDH.

À Homs, les raids russes et les bombardement du régime ont fait depuis jeudi 72 morts, dont près de la moitié sont des civils, a ajouté l’ONG.

La Russie a annoncé vendredi que son aviation avait effectué plus de 650 sorties et mené des raids contre plus de 450 cibles depuis le début de sa campagne aérienne le 30 septembre.

Moscou dit bombarder des groupes « terroristes », dont l’organisation EI, mais dans le camp opposé Américains, Européens et Turcs accusent Moscou de cibler avant tout des groupes rebelles qu’ils qualifient de « modérés ».

L’intervention russe a été de nouveau critiquée par le président américain Barack Obama pour qui la Russie ne pourrait faire aboutir une solution pacifique « à coup de bombes ». Il n’y a « aucun rapprochement de vues en termes de stratégie » entre Washington et Moscou, a dit M. Obama, en dénonçant le soutien russe au régime Assad.

« C’est au peuple syrien de décider qui dirigera la Syrie », a rétorqué M. Medvedev, en soulignant que la Russie pour le moment « oeuvre sur la base qu’Assad est le président légitime ».

Déclenché en mars 2011 par une révolte populaire brutalement réprimée, le conflit en Syrie s’est mué en guerre ouverte très complexe avec une multitude d’acteurs, faisant plus de 250.000 morts. Au moins quatre millions de Syriens ont fui leur pays.