Les États-Unis admettent avoir forcé l’entrée de l’hôpital de MSF à Kunduz

Un char afghan devant l'hôpital de MSF le 15 octobre 2015 à Kunduz. (AFP/NASIR WAQIF)
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Un char afghan devant l'hôpital de MSF le 15 octobre 2015 à Kunduz. (AFP/NASIR WAQIF)
Un char afghan devant l’hôpital de MSF le 15 octobre 2015 à Kunduz. (Archives/AFP/NASIR WAQIF)

Le Pentagone a admis lundi que des troupes américaines et afghanes ont forcé la semaine dernière l’entrée de l’hôpital de MSF à Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan, dont le bombardement début octobre a fait au moins 24 morts.

« Ils ont forcé le portail pour des raisons de sécurité et pensaient que le personnel de MSF n’étaient pas sur place », a déclaré le porte-parole du Pentagone, le capitaine Jeff Davis, à propos de l’entrée de militaires dans l’hôpital jeudi.

Il a expliqué que les troupes afghanes et américaines étaient venues inspecter les dégâts causés par le bombardement meurtrier survenu le 3 octobre. Pensant qu’aucun employé de Médecins sans Frontières ne se trouvait sur place, les militaires ont préféré ne pas s’arrêter devant les portes fermées de l’hôpital car la zone avait récemment été agitée par des combats, a-t-il ajouté.

« Nos équipes ignoraient que des employés de MSF se trouvaient là et ces derniers étaient mécontents que nous l’ayons cassé, c’est compréhensible », a-t-il ajouté.

Les militaires étaient à bord d’un véhicule afghan à chenille mais pas d’un tank, a assuré Jeff Davis, promettant que les forces de la coalition répareraient l’entrée de l’hôpital cette semaine.

Les militaires « ont fait ça, ils n’auraient pas dû. Ils auraient dû se coordonner en avance et ils vont le régler en s’assurant que le portail sera réparé », a-t-il déclaré.

Une porte-parole de MSF avait confirmé à l’AFP cette entrée en force la semaine dernière, intervenue selon elle « en dépit d’un accord (…) stipulant que MSF devait être informée avant chaque nouvelle étape de la procédure (de l’enquête américano-afghane) impliquant le personnel ou les actifs de l’ONG ».

« Leur intrusion non annoncée et de force a endommagé le complexe, détruit de possibles preuves et généré du stress et de la peur chez l’équipe de MSF », avait-elle ajouté.

MSF a réclamé une enquête indépendante sur le bombardement de son hôpital de Kunduz, le seul capable de faire de la chirurgie d’urgence dans cette région du nord afghan, qui a tué au moins 14 de ses employés et dix patients. Neuf autres personnes sont toujours portées disparues à la suite cette attaque.

Jeff Davis a indiqué lundi qu’un premier rapport d’enquête sur les victimes serait publié cette semaine. Une enquête militaire préliminaire est attendue dans les deux prochaines semaines, a-t-il ajouté.