Les Libéraux promettent de mettre fin à la «décennie d’échecs»

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Justin Trudeau s'entoure d'Andrew Leslie et Marc Garneau pour le conseiller en matière d'Affaires étrangères (capture d'écran Parti libéral du Canada)
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Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, dévoile comment un gouvernement libéral s'engagera à changer le soutien aux anciens combattants. (PLC)
Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, serre la main du lieutenant-général (ret.) Andrew Leslie, candidat libéral dans Orléans. (PLC)

Dévoilée il y a quelques jours, la plateforme électorale du Parti libéral du Canada se révèle riche en informations sur les intentions des troupes de Justin Trudeau. 45eNord.ca a discuté des enjeux avec le lieutenant-général (ret.) Andrew Leslie, proche conseiller du chef libéral.

Accusé depuis des années de la «décennie de noirceur» sous Jean Chrétien, le Parti libéral souhaite en finir une bonne fois pour toute en mettant lui-même fin à la «décennie d’échecs».

Pour Andrew Leslie, le gouvernement de Stephen Harper a failli à ses promesses. «Beau parleur», le Premier ministre n’a jamais vraiment donné les moyens nécessaires aux Forces armées canadiennes pour faire leur travail correctement, selon le général à la retraite, candidat libéral dans Orléans (Ontario).

Opération IMPACT

La promesse est connue. Un gouvernement libéral mettra fin à la mission de combat en Irak et en Syrie. Toutefois, il enverra beaucoup plus de troupes sur le terrain afin de former les forces irakiennes et kurdes. Rappelant que la participation du Canada aux frappes est avant tout symbolique, avec un famélique 2% de frappes canadiennes, Andrew Leslie estime que les leçons retenues de l’Afghanistan doivent être appliquées.

«On a commencé par une mission de paix à Kaboul, très complexe, et dans ce temps-là il y avait des centaines de bombardiers, mais le Canada n’a jamais envoyé ses avions de chasse en Afghanistan. Avec le temps on a développé une nouvelle stratégie basée sur notre manuel de contre-insurrection […] et la leçon la plus importante c’est qu’il fallait donner de l’assistance à l’entraînement des troupes locales pour qu’elles luttent contre les insurgés», précise-t-il, souhaitant ainsi augmenter le nombre de formateurs (actuellement de 69 forces spéciales) à un chiffre non encore déterminé, mais sans doute sur le même modèle que lors de l’Opération ATTENTION en Afghanistan, donc proche du millier.

«On va diriger nos efforts vers cette mission, mais aussi vers l’autre côté du spectrum, c’est à dire de donner un maximum d’assistance aux victimes, aux déplacés. Beaucoup de gens oublient qu’avant tout, il faut stabiliser les victimes, et nous enverrons donc des C-17 avec des fournitures humanitaires».

Casques bleus

En patrouille dans les rues de Port-au-Prince (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
En patrouille dans les rues de Port-au-Prince avec le contingent canadien de la MINUSTAH (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Tout comme les néodémocrates, les libéraux souhaitent réaffirmer l’engagement du Canada de participer aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies. En date du 30 août 2015, le Canada avait 18 soldats et 10 experts militaires déployés dans cinq missions.

M. Leslie promet qu’un gouvernement libéral contribuera avec force majeure, selon que le déploiement se fasse sous le chapitre 6 ou 7 des Nations Unies. Un éventuel déploiement se baserait sur la forme d’un groupe-bataillon «avec peut-être des hélicoptères, peut-être des avions, pour donner un appui local». La plateforme du parti précise que le Canada enverrait «du personnel qualifié pouvant être déployé rapidement, dont des chefs de mission, des officiers d’état-major et des unités de quartiers généraux», ainsi que au cas par cas «des moyens spécialisés, que ce soit des équipes médicales mobiles, des avions de transport ou un soutien en matière d’ingénierie».

«On va utiliser l’expérience acquise en Afghanistan sur le modèle des équipes de reconstructions provinciales», d’affirmer celui qui a commandé l’Armée canadienne entre 2006 et 2010.

Rapport sur la transformation

«On va s’assurer que les forces de réserve aient ce qu’il faut pour atteindre les 30.000 membres. […] Il n’y a pas d’intention de réduire le nombre de militaires ou le nombre de fonctionnaires, il s’agit de les rediriger dans les activités plus centrées sur les opérations», indique M. Leslie, ajoutant du même souffle qu’un Livre Blanc sur la Défense sera écrit.

Le Parti libéral du Canada maintiendra également le niveau actuel des dépenses de la Défense nationale et réinvestira l’argent non dépensé jusqu’à présent par les Conservateurs, soit plus de 10 milliards $.

Se refusant à acheter les avions de chasse F-35 dont le prix ne cesse de monter, notamment en raison de la faiblesse du dollar canadien, les libéraux remettraient de l’avant un «processus d’approvisionnement ouvert» pour acquérir un avion moins cher. Le parti souhaite ainsi se servir de l’argent économisé pour le réinvestir dans la Stratégie d’approvisionnement en matière de construction navale et donner les fonds nécessaires pour acheter tous les navires promis. Pour les futurs navires de combat, la demande était en effet de 16, mais récemment, le ministre sortant de la Défense Jason Kenney a évoqué le chiffre de 11