Avec l’accent sur la sécurité, les conservateurs auront gagné la région de Québec et perdu le Canada

Le ministre sortant de la Sécurité publique Steven Blaney annonce que les Conservateurs veulent le retour d'un statut universitaire au CMR Saint-Jean. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le ministre sortant de la Sécurité publique Steven Blaney annonce que les Conservateurs veulent le retour d'un statut universitaire au CMR Saint-Jean. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le ministre sortant de la Sécurité publique Steven Blaney le 23 septembre dernier alors qu’il annonçait le retour d’un statut universitaire au CMR Saint-Jean. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Malgré la réélection de l’ex ministre de la Défense, Jason Kenney, les candidats conservateurs qui se présentaient pourtant dans cette élection comme les héros des militaires et le rempart des Canadiens contre l’insécurité, auront perdus des plumes dans l’ensemble du pays, mais triomphé dans la région de Québec qui, une fois encore, fait bande à part.

Le thème de la sécurité n’aura pas servi les conservateurs tel qu’ils l’escomptaient dans l’ensemble du pays. Toutefois, les candidats conservateurs associés aux thèmes de la défense et de la sécurité auront su tirer beaucoup mieux leur épingle du jeu dans la région de Québec où ils ont fait plus que résister à la vague rouge et réussi à faire tant de gains qu’ils dominent maintenant la région.

Un des ministres les plus associés à la sécurité au sein du gouvernement conservateur sortant, l’ex ministre de la Sécurité publique et parrain de la Loi antiterrorisme Steven Blaney, sauvé aussi par ses fortes assises électorales locales, n’aura eu aucun mal à garder le compté aux conservateurs.

Et un ex militaire, le lieutenant-colonel à la retraite Pierre Paul Hus, est aussi un de ceux qui ont donné aux conservateurs un gain dans la grande région de Québec en l’emportant dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, dans la région de Québec.

En tout, l’ensemble de la région de Québec aura totalement viré au bleu, à l’exception de deux circonscriptions sur 7 remportées par les libéraux, Québec et Louis-Hébert.

Par contre, victimes du balayage total par les libéraux dans la région atlantique, avec 32 députés sur 32 et 65% des voix, contre 15% pour le NPD et 15% pour les conservateurs, plusieurs candidats-vedettes associés à la Défense y ont mordu la poussière: l’ex ministre associé à la Défense et vieux routier conservateur Bernard Valcourt est arrivé troisième dans sa circonscription et même Central Nova en Nouvelle-Écosse, l’ex compté de Peter McKay, ex ministre de la Défense et ex chef du parti progressiste-Conservateur, est passé aux libéraux, une première historique.

En Ontario, et particulièrement dans la grande région de Toronto, où les conservateurs misaient beaucoup sur leur campagne sur la sécurité, l’effet escompté ne se sera pas matérialisé non plus. Dans le compté de Ajax, le ministre de l’Immigration, associé à des mesures controversés comme la révocation de la citoyenneté aux binationaux condamnés pour terrorisme, n’a pas été plus heureux que ses collègues de la région atlantique, et a été défait par le libéral par une écrasante majorité.

Et, alors que les nouveaux ténors conservateurs plus souples, comme l’ex ministre des Anciens combattants Erin O’Toole, ont été réélu, les ministres du gouvernement Harper associés à la politique d’intransigeance du gouvernement sortant, comme Julian Fantino, le prédécesseur d’O’Toole, auront été emportés rapidement par la vague rouge.

Leur fermeté sur la question des réfugiés et celle de la sécurité aura sans doute fait gagné aux conservateurs la région de Québec, mais, comme on a pu le voir dans cette élection, faire des gains dans la région de Québec ne garantit pas le pouvoir à Ottawa. Après cette élection, le parti conservateur pourrait bien se recentrer et offrir un autre visage, si on en croit l’intervention de Jason Kenney.

Commençant tout de suite le post-mortem de la campagne et visant peut-être à remplacer son chef démissionnaire, l’ex ministre de la Défense, réélu dans son compté, n’a pas hésité pour sa part à déplorer le ton de la campagne, la « guerre constante » avec les journalistes, le mépris des forces progressistes et l’intransigeance qui auront peut-être coûté cette élection aux conservateurs.

La région de Québec, préférant le style autoritaire, risque fort de ne pas être au diapason du reste du pays.