Syrie: au moins 120.000 déplacés à Alep, Hama et Idleb en octobre selon l’ONU

Carte des personnes qui ont été déplacées par les combats dans les provinces syriennes d'Alep (nord-ouest), Hama (centre) et Idleb (nord-ouest), depuis début octobre. (OCHA)
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Carte des personnes qui ont été déplacées par les combats dans les provinces syriennes d'Alep (nord-ouest), Hama (centre) et Idleb (nord-ouest), depuis début octobre. (OCHA)
Carte des personnes qui ont été déplacées par les combats dans les provinces syriennes d’Alep (nord-ouest), Hama (centre) et Idleb (nord-ouest), depuis début octobre. (OCHA)

Au moins 120.000 personnes ont été déplacées par les combats dans les provinces syriennes d’Alep (nord-ouest), Hama (centre) et Idleb (nord-ouest), depuis début octobre, ont indiqué lundi les Nations unies.

« Les humanitaires estiment maintenant qu’au moins 120.000 personnes ont été déplacées dans les provinces d’Alep, de Hama et d’Idleb depuis début octobre en raison de la poursuite des combats », a déclaré à l’AFP une porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Vanessa Huguenin, à Genève.

Elle a précisé que ce chiffre s’élevait à 50.000 la semaine dernière.

Selon l’ONU, la majorité des déplacés sont restés dans leur province, à proximité de leurs localités d’origine. Mais certains ont aussi fui vers les camps situés dans la région du village de Qah, près de la frontière turque.

Le conflit en Syrie, qui a fait plus de 250.000 morts, a été déclenché en mars 2011 par la répression dans le sang de manifestations pacifiques et s’est transformé en une guerre de plus en plus complexe impliquant nombre d’acteurs. Le dernier en date est la Russie qui a annoncé lundi avoir frappé 94 cibles « terroristes » en 24 heures, nombre de bombardements record depuis le début de son intervention le 30 septembre.

Ils ont notamment eu lieu dans les provinces d’Alep, Hama et Idleb.

« Les gens ont besoin de tentes, d’articles ménagers de base, de nourriture, d’eau et des services d’assainissement », a souligné la porte-parole d’Ocha, ajoutant que les différents partenaires humanitaires continuaient d’accroître leur aide aux déplacés, en leur distribuant notamment des repas chauds.

Six cliniques mobiles ont aussi commencé à fournir une assistance médicale à Alep.

Par ailleurs, « les négociations se poursuivent au sujet de l’approvisionnement d’aide humanitaire supplémentaire vers les régions couvertes par l’accord de cessez-le-feu », a ajouté Mme Huguenin.

Un cessez-le-feu de six mois négocié sous l’égide de l’ONU est entré en vigueur le 24 septembre, suspendant les combats entre rebelles et forces du régime dans plusieurs localités.

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Poutine s’entretient au téléphone avec le roi d’Arabie Saoudite

Pendant ce temps, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu lundi au téléphone avec le roi Salmane d’Arabie Saoudite de la situation en Syrie, a annoncé le Kremlin, alors que Moscou multiplie ses efforts visant à trouver une solution politique au conflit syrien.

La conversation entre « le président russe Vladimir Poutine et le roi Salmane d’Arabie Saoudite a eu lieu à l’initiative saoudienne », a précisé le Kremlin dans un communiqué.

Les deux parties « ont poursuivi l’échange d’avis sur l’ensemble de questions liées au règlement de la crise syrienne, y compris compte tenu d’une rencontre quadripartite » entre le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et ses homologues américain, turc et saoudien vendredi dernier à Vienne, selon la même source.

Cette rencontre exceptionnelle des diplomaties des quatre pays, réunies pour tenter de trouver – en vain pour l’instant – un règlement politique du conflit syrien, pourrait être suivie d’un autre rendez-vous vendredi, impliquant davantage de participants.

Vladimir Poutine et le roi Salmane ont également évoqué le conflit israélo-palestinien, selon le communiqué.

« Les deux parties ont exprimé leur préoccupation de la dégradation croissante de la situation en Israël et en Palestine », indique-t-il.

La Russie, soutien clé du régime syrien depuis 2011, mène depuis le 30 septembre des frappes aériennes en Syrie qui visent exclusivement selon Moscou le groupe djihadiste État islamique (EI) et d’autres groupes « terroristes ».

Washington et ses alliés, parmi lesquels la Turquie et l’Arabie Saoudite, affirment pour leur part que les raids russes sont plutôt destinés à sauver le régime du président Bachar al-Assad et visent les groupes rebelles plutôt que les jihadistes de l’EI.