Vaste assaut des forces irakiennes contre le groupe État islamique

Des soldats irakiens prennent position à Ramadi le 19 janvier 2014 pour une opération contre les rebelles (Azher Shallal/AFP)
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Des soldats irakiens prennent position à Ramadi le 19 janvier 2014 pour une opération contre les rebelles (Azher Shallal/AFP)
Des soldats irakiens prennent position à Ramadi le 19 janvier 2014 pour une opération contre les rebelles (Archives/-Azher Shallal/AFP)

Les forces irakiennes ont attaqué jeudi les djihadistes du groupe État islamique (EI) sur deux principaux fronts dans le cadre d’une vaste offensive pour reprendre Ramadi (ouest) et Baïji (nord).

La région de Baïji, située à 200 km au nord de Bagdad, est un point de contrôle essentiel pour assurer le succès des opérations contre l’EI dans ses principaux bastions du nord et de l’ouest, selon des hauts officiers de l’armée irakienne.

Elle a été le théâtre de combats ininterrompus depuis que l’EI s’est emparé de vastes pans de l’Irak l’année dernière mais jeudi, des hauts commandants de l’armée ont affirmé y avoir enregistré un succès important, en s’emparant de la plus grande raffinerie du pays.

Les forces armées et leurs alliés paramilitaires agissant au sein du Hachd al-Chaabi, des unités de mobilisation populaire dominées par des chiites soutenus par l’Iran, ont toutefois fait des déclarations contradictoires sur la prise de cette raffinerie.

Certains ont affirmé qu’elle a été « complètement nettoyée » mais d’autres se sont montrés plus prudents, indiquant qu’elle n’était pas encore totalement sous contrôle des forces progouvernementales.

La raffinerie, qui a produit à un moment donné jusqu’à 300.000 barils de pétrole par jour, répondant aux besoins de la moitié du pays, a été endommagée et n’a plus un intérêt aussi stratégique que dans le passé.

La région de Baïji est par contre située à un carrefour entre plusieurs fronts importants en Irak et les forces de sécurité irakiennes avancent pour essayer de couper les canaux d’approvisionnement de l’EI.

« Nous avons réussi à couper les routes d’approvisionnement et à empêcher la communication des combattants de Daech » entre Tikrit et Al-Sharqat au nord de Bagdad et Al-Anbar à l’ouest, a affirmé un général irakien, employant l’acronyme arabe de l’EI.

Les forces irakiennes ont dans leur viseur un autre bastion clé, la ville de Ramadi, chef-lieu de la province d’Al-Anbar. Mercredi, des officiers ont affirmé que l’offensive pour reconquérir Ramadi sera bientôt lancée.

Depuis octobre, les forces de sécurité irakiennes, soutenues par les frappes aériennes de la coalition conduite par les Etats-Unis, se rapprochent progressivement de Ramadi, située à 100 km à l’ouest de Bagdad.

La ville avait été conquise en mai par les djihadistes de l’EI, un des revers les plus cuisants enregistrés par l’armée irakienne.

Le Premier ministre Haider al-Abadi avait promis de reprendre la ville « dans l’espace de quelques jours » mais la défenses mises en place par l’EI ainsi que les fortes températures estivales ont mis en échec l’armée, forcée de faire plusieurs « pauses opérationnelles ».

« Nous pensons que les forces irakiennes sont maintenant prêtes à prendre la ville », a affirmé mercredi le colonel Steve Warren, un porte-parole américain de la coalition à Bagdad, estimant à entre 600 et 1.000 le nombre de combattants de l’EI encore retranchés à Ramadi.

Pour l’instant, les forces irakiennes ont pris position dans le nord de Ramadi, à Albou Farraj. Deux attaques suicide des jihadistes dans cette zone ont pu être évitées jeudi grâce à des frappes de la coalition, a indiqué à l’AFP le commandant en chef des opérations à Al-Anbar, le général Ismail Mahalawi.