Vingt-huit marins canadiens à bord du ravitailleur espagnol Cantabria pendant TRIDENT JUNCTURE 15

Le navire de ravitaillement espagnol BAC Cantabria et la frégate Victoria naviguent côte à côte. (Armada Española)
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Le navire de ravitaillement espagnol BAC Cantabria et la frégate Victoria naviguent côte à côte. (Armada Española)
Le navire de ravitaillement espagnol BAC Cantabria et la frégate Victoria naviguent côte à côte. (Armada Española)

Vingt-huit marins de la Marine royale du Canada serviront à bord d’un navire de ravitaillement de la Marine espagnole pendant un exercice majeur de l’OTAN, l’exercice TRIDENT JUNCTURE 2015, en profitant pour se familiariser avec ce navire que la Marine canadienne devrait louer jusqu’à ce que ses propres navires de soutien lui soient enfin livrés.

Ce navire, le « Buque de Aprovisionamiento de Combate[bateau de ravitaillement de combat, ndlr] Cantabria (A-15) », en plus court, le BAC Cantabria est ce navire de la Armada Española [Marine espagnole] que la Marine royale canadienne compte louer l’an prochain pour compenser le manque de navire de soutien sur la côte est, les navires construits commandés au chantier Seaspan de Vancouver ne pouvant être livrés avant plusieurs années.

Depuis le retrait du service des deux ravitailleurs canadiens, la Marine royale canadienne doit en effet compter sur les navires alliés pour se ravitailler en carburant, en vivres, en munitions et en pièces de rechange au cours de ses missions à l’étranger.

Pendant ce temps, la livraison par le chantier Seaspan de Vancouver du premier des deux bâtiments qui devait les remplacer, qui était officiellement prévue pour 2019 par le gouvernement, a comme on le sait été reportée et le premier navire de ravitaillement ne pourra probablement pas être opérationnel avant au moins 2022.

Entre temps, d’ici à ce que le chantier de Vancouver puisse livrer les ravitailleurs, la Marine royale canadienne (MRC) pourra réaliser ses missions au courant des prochaines années grâce à un ravitailleur «provisoire» que lui livrera le chantier Davie de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, mais, dans l’immédiat, le Canada doit compter sur des navires étrangers pour la formation de ses marins.

Ainsi, en juillet dernier, était arrivé à Esquimalt, sur la côte ouest, le navire de ravitaillement AO 52 Almirante Montt de l’Armada de Chile (la Marine chilienne), qui a navigué par la suite pendant 40 jours dans la région de l’océan Pacifique canadien afin d’appuyer les besoins en instruction de la MRC.

Les caractéristiques du BAC Cantabria. (Navantia)
Quant au BAC Cantabria de la Armada Española, un accord sur ce bail n’a pas encore été conclu avec la Marine espagnole, mais les marins canadiens n’en effectueront pas moins dès à présent une formation sur le ravitailleur espagnol pendant l’opération de l’OTAN TRIDENT JUNCTURE 2015 qui débute le 15 octobre.

Le lieutenant Len Hickey, porte-parole de la Défense, cité dans le Ottawa Citizen, a précisé que la formation à bord du navire espagnole sera axée sur le ravitaillement en mer ainsi que la familiarisation avec les systèmes d’ingénierie sur le navire.

Le Cantabria est propulsé par deux moteur diesel de 10 890 kW chacun, qui permettent une vitesse maximale de 21,3 noeuds, soit 40 kilomètres heure, une vitesse soutenue maximale de 20 nœuds et une autonomie de 6000 miles nautiques à la de vitesse « économique » de 13/14 nœuds. Il dispose également d’un propulseur d’étrave qui fournit une poussée transversale pour une plus grande maniabilité dans les endroits restreints.

Le navire espagnol est en outre doté du système de combat des navires de la Marine espagnole (SCOMBA) pour une meilleure intégration à une force navale.

Les fonctions principales du système SCOMBA sont de gérer et traiter les informations reçues des capteurs et distribuer les signaux vidéo radar et vidéo tv aux consoles tactiques. Il prévoit également le traitement et l’affichage d’informations tactiques, d’autodéfense, de contrôle d’aéronefs, la planification des opérations et de l’échange d’informations avec d’autres systèmes externes.

Le Cantabria est aussi le premier « navire de guerre vert », conçu dans le respect des normes environnementales, souligne son constructeur, l’espagnole Navantia..

« [Les marins canadiens] vont monter à bord le 18 octobre et ils vont débarquer le 10 novembre », a précisé le lieutenant Hickey.

Selon un article parue en juillet dans la revue spécialisée espagnole Defensa.com, citant le chef d’état-major de la Marine espagnole, l’amiral Jaime Muñoz-Delgado, la Marine espagnole a approuvé la mise à disposition du navire et la MRC devrait louer le Cantabria pour plusieurs périodes en 2016.

Les Australiens avaient aussi loué le ravitailleur espagnol en 2013, est-il aussi fait mention dans l’article de Defensa.com.

Pour l’Espagne, ces locations servent aussi de vitrine à son industrie navale. D’ailleurs, avant qu’Ottawa confie au chantiers Seaspan de Vancouver la construction des deux ravitailleurs canadiens sur le modèle de navires de classe Berlín de ThyssenKrupp Marine Systems Canada. (J.N.G.), le constructeur du Cantabria, les chantiers Navantia, avait fait une offre pour la construction des navires de soutien canadiens.