Avion russe abattu: il y aura des «conséquences sérieuses», dit Poutine

«La perte d'aujourd'hui est un coup de poignard dans le dos qui nous a été porté par les complices des terroristes», a déclaré M. Poutine au début de ses entretiens avec le roi de Jordanie Abdallah II. (Service de presse du Kremlin)
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«La perte d'aujourd'hui est un coup de poignard dans le dos qui nous a été porté par les complices des terroristes», a déclaré M. Poutine au début de ses entretiens avec le roi de Jordanie Abdallah II. (Service de presse du Kremlin)
«La perte d’aujourd’hui est un coup de poignard dans le dos qui nous a été porté par les complices des terroristes», a déclaré M. Poutine au début de ses entretiens avec le roi de Jordanie Abdallah II. (Service de presse du Kremlin)

Le président russe Vladimir Poutine a averti mardi Ankara des «conséquences sérieuses» sur leurs relations après le «coup de poignard dans le dos» infligé par l’armée turque, qui a abattu un avion russe à la frontière syrienne.
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Mise à jour au 24/11/2105 à 18h45

Le gouvernement libéral canadien a adopté pour sa part un ton prudent, mardi, après avoir entendu de vive voix la version d’Ankara concernant le chasseur russe abattu en plein vol au-dessus de la Turquie lors de la réunion d’urgence du Conseil de l’Atlantique Nord, instance civile suprême de l’OTAN, où la Turquie a expliqué qu’elle avait abattu l’avion chasseur russe parce qu’en rentrant d’une mission en Syrie, il persistait à survoler son espace aérien, en dépit de plusieurs avertissements de la chasse turque.

Les États-Unis et l’OTAN ont accepté cette version. Le secrétaire général de l’OTAN, Jans Stoltenberg, a lancé un appel à la prudence et, à Washington, le président Barack Obama a soutenu que la Turquie «était en droit de défendre son territoire et son espace aérien».

à 12h00

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a appelé la Russie et la Turquie à faire preuve de « prudence » et de « bon sens »: « J’espère que la prudence et le bon sens règnent dans les deux capitales », a-t-il déclaré, disant craindre que « la lueur d’espoir qui venait seulement d’apparaître (lors de pourparlers à Vienne sur le conflit syrien) est en train d’être détruite ».

Le président français François Hollande a déclaré pour sa part qu’il fallait « éviter toute escalade » alors que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, réclame de son côté des mesures urgentes pour apaiser les tensions.

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«La perte d’aujourd’hui est un coup de poignard dans le dos qui nous a été porté par les complices des terroristes», a déclaré M. Poutine au début de ses entretiens avec le roi de Jordanie Abdallah II.

«Je ne peux qualifier autrement ce qu’il s’est passé aujourd’hui. (…) Nous ne tolérerons jamais que des crimes comme celui d’aujourd’hui soient commis», a poursuivi le président russe.

Un avion de combat russe Su-24 avec deux pilotes à son bord a été abattu mardi par l’armée turque. Selon le président russe, l’avion a été touché en Syrie à un kilomètre de la frontière turque et s’est écrasé à quatre kilomètres, en territoire syrien. Ankara affirme que l’avion avait pénétré dans son espace aérien.

«Bien sûr, nous allons analyser tout ce qu’il s’est passé. Et cet événement tragique va avoir des conséquences sérieuses sur les relations russo-turques», a prévenu le chef de l’État russe.

Selon M. Poutine, l’avion et les pilotes russes «ne menaçaient nullement la Turquie» puisqu’ils «remplissaient leur mission principale» en frappant des groupes de combattants dans le nord de la province de Lattaquié.

«Nous avons toujours eu avec la Turquie des bonnes relations de voisinage, mais plus encore des relations amicales avec le gouvernement. Je ne sais pas qui avait besoin de ce qui s’est passé aujourd’hui. Sûrement pas nous», a asséné M. Poutine.

Le président russe a en outre regretté qu’Ankara ait demandé une réunion extraordinaire de l’OTAN, dont elle est membre, au lieu de discuter de ce problème directement avec Moscou.

«Nous avons signé avec les Américains un accord sur la prévention des incidents dans le ciel syrien. La Turquie fait partie de ceux qui prétendent lutter contre le terrorisme dans la coalition américaine», a rappelé M. Poutine, sans préciser en quoi cet accord concernait Ankara.

La version russe du crash du SU-24, telle qu’expliquée le matin de l’événement (24/11/2015) par le lieutenant-général Sergei Rudskoy du Commandement opérationnel des Forces armées russes:

151124 Crash Su 24 Version Russe