Cérémonie à Valcartier en ce 11 novembre 2015

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Militaires actifs et retraités, vétérans des conflits passés, policiers provenant des quatre coins de la province, et citoyens de la ville de Québec se sont rassemblés à la Croix du Sacrifice afin de participer à la cérémonie du jour du Souvenir le 11 novembre 2015.
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Militaires actifs et retraités, vétérans des conflits passés, policiers provenant des quatre coins de la province, et citoyens de la ville de Québec se sont rassemblés à la Croix du Sacrifice afin de participer à la cérémonie du jour du Souvenir le 11 novembre 2015.
Militaires actifs et retraités, vétérans des conflits passés, policiers provenant des quatre coins de la province, et citoyens de la ville de Québec se sont rassemblés à la Croix du Sacrifice afin de participer à la cérémonie du jour du Souvenir le 11 novembre 2015.

Les drapeaux étaient en berne sur la Garnison Valcartier, afin de commémorer le jour du souvenir en ce mercredi 11 novembre 2015. Militaires, vétérans et civils étaient au rendez-vous.

Notre article sur la cérémonie à Montréal >>

Les drapeaux étaient en berne sur la Garnison Valcartier, afin de commémorer le jour du souvenir en ce mercredi 11 novembre 2015. (Nathalie Corneau/45eNord.ca)
Les drapeaux étaient en berne sur la Garnison Valcartier, afin de commémorer le jour du souvenir en ce mercredi 11 novembre 2015. (Nathalie Corneau/45eNord.ca)

Ce matin, près de 350 militaires de la Garnison Valcartier provenant majoritairement du groupe de soutien de la 2e Division du Canada et du 5e Groupe-Brigade mécanisé du Canada et d’autres unités, ainsi que vétérans et civils, s’étaient rassemblés devant le cénotaphe commémoratif. Parade des troupes, l’hymne national, lecture des prières et sonnerie aux morts sont quelques-uns des protocoles auxquels les spectateurs ont pu assister.

Des militaires, des élus municipaux, des représentants du ministère des Anciens Combattants Canada, ainsi que des blessés d’Afghanistan et des écoliers ont déposé plusieurs couronnes de fleurs au pied du cénotaphe.

«Assister à cette cérémonie du jour du souvenir le 11 novembre est pour moi une façon de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont servi leur pays «le Canada». Je me souviens de mes années passées aux seins des Forces Canadiennes et je ne regrette rien», a expliqué un vétéran présent sur place.

Le caporal Michaud du 5e Régiment du génie de combat, quant à lui, a précisé qu’il n’oubliera jamais les contributions et les sacrifices des hommes et femmes qui ont servi pour leur pays avant lui en temps de guerre, de conflit militaire ou de paix. «J’ai une pensé tout spécialement pour ceux et celles qui ne sont jamais revenus».

Le coquelicot: symbole du souvenir (petit rappel)

Pendant le jour du Souvenir, un grand nombre de citoyens portent fièrement le coquelicot, accroché au revers de leur collet toujours du côté gauche « près du cœur », afin de commémorer le sacrifice des canadiens ayant servi bravement leur pays. Certains le portent le 11 novembre seulement, tandis que d’autres le portent pendant tout le mois de novembre.

Le port du coquelicot en mémoire des soldats décédés au combat est en fait une tradition bien établie dans de nombreux pays, mais pour quelle raison cette petite fleur si délicate a-t-elle été adoptée pour devenir le symbole du souvenir? De plus, quel lien a-t-elle avec les canadiens?

Après avoir été le premier à établir un rapport entre les coquelicots et les champs de bataille durant la guerre napoléonienne du début du XIXe siècle, un écrivain remarqua que les champs qui étaient nus avant les combats se couvraient de fleurs rouge sang après les batailles. Durant les terribles bombardements de cette guerre, les sols crayeux devinrent riches en poussière de chaux, favorisant ainsi la venue des coquelicots. Cependant, à la fin de cette guerre, la chaux fut absorbée rapidement et les jolis coquelicots disparurent à nouveau.

Le lieutenant-colonel John Mc Crae, un chirurgien de brigade pendant la Première Guerre mondiale, avait quant à lui remarqué que les coquelicots poussaient parmi les tombes improvisées des soldats tués sur les champs de bataille. Inspiré, il composa en 1915 le célèbre poème «Au champ d’honneur» que voici:

[toggle title= »Au champ d’honneur » load= »hide »]Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

(Adaptation du poème «In Flanders Fields» de John McCrae)[/toggle]

Le rouge vif des pétales de ces fleurs évoquait pour lui le sang versé par ceux qui reposaient en ces lieux. Après l’écriture de ce poème, le coquelicot devint rapidement le symbole des soldats morts au combat, «le symbole du souvenir». Plusieurs batailles de la Première Guerre mondiale ont été livrées dans les Flandres, région côtière de la mer du Nord en Europe de l’Ouest. Beaucoup de soldats canadiens y ont laissé leurs vies et c’est aux mêmes endroits que les corps de plusieurs d’entre eux ont été inhumés.

Parade du Jour du Souvenir, à Valcartier. (Nathalie Corneau/45eNord.ca)
Parade du Jour du Souvenir, à Valcartier. (Nathalie Corneau/45eNord.ca)

À une certaine époque, il était possible de porter sur soi un vrai coquelicot. Mais, avec l’engouement des militaires, vétérans, familles et amis de porter un coquelicot pour commémorer le sacrifice des soldats canadiens, impossible de disposer d’une quantité suffisante de petites fleurs symbole, afin d’accommoder tout le monde. Alors, c’est à ce moment que les militaires de l’armée, de la marine et de l’aviation qui avait été blessés durant la guerre, mirent la main à la pâte afin de confectionner des coquelicots. C’est après la Deuxième Guerre mondiale que les coquelicots que nous portons aujourd’hui furent fabriqués.

Le coquelicot demeure au Canada, en Grande-Bretagne et dans les pays du Commonwealth, un symbole durable du souvenir de ceux qui ont servi leur pays ou qui ont perdu la vie pour lui. Le jour du Souvenir, chaque individu qui porte fièrement un coquelicot et observe deux minutes de silence donne une signification de remerciement.

La campagne du coquelicot a lieu chaque mois de novembre, avant le jour du Souvenir. Le but de cette campagne, organisée par la Légion royale canadienne, est de s’assurer que les canadiens et canadiennes reconnaissent davantage le coquelicot comme le symbole du jour du souvenir. Les fonds amassés lors de cette campagne sont utilisés pour aider les anciens combattants, les militaires ainsi que les familles militaires.

Afin d’honorer les militaires canadiens, les disparus ainsi que les anciens combattants, il est important de reconnaître leur bravoure et leurs sacrifices, de les accueillir au retour de mission comme ils le méritent, c’est-à-dire en héros. Également, de rendre hommage à leur contribution exceptionnelle et leur transmettre toute notre fierté, leur assurer que nous nous souviendrons à jamais de ce qu’ils ont fait pour notre pays, pour le monde entier et surtout pour notre liberté.