Human Rights Watch presse Washington de stopper la vente de bombes à l’Arabie

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Avant un vol de reconnaissance au dessus de l'Irak, Des membres de la U.S. Navy chargent des bombes guidées GBU-12 Paveway II sur un F-14 à bord du porte-avions USS Harry S. Truman (CVN 75) en 2004. (United States Navy/Mate 2nd Class Danny Ewing Jr.)
Avant un vol de reconnaissance au dessus de l’Irak, Des membres de la U.S. Navy chargent des bombes guidées GBU-12 Paveway II sur un F-14 à bord du porte-avions USS Harry S. Truman (CVN 75) en 2004. (United States Navy/Mate 2nd Class Danny Ewing Jr.)

L’organisation Human Rights watch (HRW) a pressé l’administration Obama de revenir sur sa décision de vendre à l’Arabie saoudite d’importantes quantités de bombes aériennes, en l’absence d’enquêtes sérieuses sur des violations des lois de la guerre au Yémen.

La commande saoudienne, annoncée lundi par le département d’État américain, comprend 12.000 bombes de 200 à 900 kg, 1.500 « bunker busters » qui peuvent pénétrer des cibles fortifiées ou souterraines, et 6.300 bombes guidées de type Paveway II et Paveway III. Le contrat est évalué à près de 1,3 milliard de dollars.

« Le gouvernement américain est tout à fait au courant des attaques aériennes menées sans discrimination par la coalition sous commandement saoudien et qui ont tué des centaines de civils au Yémen depuis mars », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW, organisation basée à New York (États-Unis).

« Fournir aux Saoudiens plus de bombes dans ces circonstances est le meilleur moyen de provoquer plus de victimes civiles, pour lesquelles les Etats-Unis seront en partie responsables », a dit M. Stork, cité dans un communiqué de l’organisation de défense des droits de l’Homme.

Selon des informations circulant à Washington, le Congrès devrait donner son feu vert à la vente, déjà autorisée par l’administration Obama.

En dépit des critiques sur les bombardements contre les rebelles chiites au Yémen, les Etats-Unis soutiennent leur allié saoudien, également engagé dans la coalition anti-djihadiste menée par Washington en Irak et en Syrie, où sévit le groupe État islamique.

En mars, l’Arabie saoudite sunnite a pris la tête d’une coalition arabe pour venir en aide au gouvernement du Yémen, chassé de la capitale Sanaa par des rebelles soutenus par l’Iran chiite.

Ryad et ses alliés mènent depuis près de huit mois des bombardements aériens contre ces rebelles, mais des ONG ont dénoncé de « nombreuses bavures ». Les belligérants yéménites ont eux-mêmes parfois été accusés de viser délibérément des civils.

Depuis mars, le conflit a fait plus de 5.700 morts et quelque 27.000 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Parmi ces victimes, près de 2.700 civils ont été tués et plus de 5.300 blessés, selon des estimations de l’ONU.

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