Le groupe de Belmokhtar et un autre groupe djihadiste se disputent la paternité des attaques de Bamako

Une chambre de l'hôtel Radisson Blu de Bamako le 21 novembre 2015. (AFP/HABIBOU KOUYATE)
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Une chambre de l'hôtel Radisson Blu de Bamako le 21 novembre 2015. (AFP/HABIBOU KOUYATE)
Une chambre de l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 21 novembre 2015. (AFP/HABIBOU KOUYATE)

Un groupe djihadiste du centre du Mali a revendiqué à son tour dimanche soir, après le groupe Al-Mourabitoune de l’Algérien Belmokhtar, l’attaque meurtrière contre un grand hôtel de Bamako vendredi, affirmant qu’en plus des deux assaillants tués, trois avaient pu s’échapper.

De son côté, le groupe de Mokhtar Belmokhtar a réitéré sa revendication, dans un enregistrement sonore en arabe diffusé dimanche soir par la chaîne de télévision panarabe Al-Jazeera, et repris par le site mauritanien Al-Akhbar, assurant que les assaillants étaient uniquement au nombre de deux et laissant entendre qu’ils étaient maliens.

« Le Front de libération du Macina (FLM) revendique l’attaque qui a visé le Radisson à Bamako avec la collaboration d’Ansar Dine » (groupe djihadiste du Nord), selon le communiqué envoyé à l’AFP à Bamako, signé Ali Hamma, porte-parole du FLM, apparu au début de l’année et dirigé par le prédicateur radical peul Amadou Koufa.

« Cette attaque est venue comme une réaction contre les attaques des forces (françaises) Barkhane qui visent certains éléments du Front et Ansar Dine à l’aide de l’armée malienne et le soutien de certains pays occidentaux », affirme-t-il.

Donnant des détails de l’attaque de l’hôtel Radisson, qui a coûté la vie à 19 clients et un gendarme malien, outre deux assaillants, selon le dernier bilan gouvernemental, le porte-parole assure qu’elle a été menée par un commando de cinq personnes, dont « trois sont sortis sains et saufs ».

« Nous sommes capables de frapper à n’importe quel moment », selon le communiqué du FLM, promettant une multiplication des attaques « contre les endroits politiques, économiques, et touristiques, avant de gouverner le Macina (région du centre du Mali) nous-mêmes et appliquer la charia ».

En revanche, selon un porte-parole d’Al-Mourabitoune qui a réitéré la revendication au nom du groupe de Belmokhtar en coordination avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les auteurs de l’attaque étaient « deux héros de l’islam », identifiés comme Abdelhakim al-Ansari et Moez al-Ansari.

Dans la terminologie djihadiste, le qualificatif « al-ansari » désigne des combattants autochtones, par opposition aux « mouhajiroune » venant de l’extérieur.

« Les deux moujahidine ont été tués après une âpre résistance contre les forces françaises et américaines et leurs collaborateurs », a souligné le porte-parole, justifiant l’attaque par « l’agression des +Croisés+ contre nos populations, nos lieux saints et nos frères moujahidine au Mali ».

Quelque 170 clients et employés de l’hôtel y ont été retenus pendant environ neuf heures, jusqu’à la fin de l’intervention des forces maliennes, appuyées par les forces spéciales françaises et d’agents des États-Unis et de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma).