Manifestation de MSF à Genève contre le bombardement d’hôpitaux

"Au bout de 20 ou 30 minutes, j’ai entendu quelqu’un m’appeler. C’était l’un des infirmiers de la salle d’urgence. Il m’appelait à l’aide." Lajos Zoltan Jecs est infirmier. Il était à l'hôpital MSF de Kunduz samedi matin 3 octobre 2015 quand des raids aériens l'ont pris pour cible. Il témoigne de l'horreur de ce qu'il a vécu. "C'est au-delà des mots". (MSF)
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Des membres du personnel de Médecins sans frontières (MSF) ont manifesté mardi dans un parc de Genève contre le bombardement d’hôpitaux et pour rendre hommage à leurs collègues tués dans l’hôpital de Kunduz (nord de l’Afghanistan) dans un bombardement américain.

« Arrêtez le bombardement des hôpitaux », ont scandé les quelque 250 personnes participantes.

La présidente de MSF Joanne Liu a réaffirmé à cette occasion qu’une explication détaillée sur ce qui s’est passé le 3 octobre contre l’hôpital de MSF à Kunduz était la seule façon d’arrêter des tragédies similaires. « Pour nous il est important de maintenir l’attention à ce sujet sinon cela va devenir ce qu’on appelle une cause oubliée, c’est-à-dire que cibler des civils sera un non événement », a-t-elle dit.

« Ce n’est pas un non évènement », a-t-elle souligné. Il ne s’agit pas « d’être contre tel ou tel État mais de garantir un espace médical humanitaire dans le chaos des guerres », a-t-elle ensuite expliqué à l’AFP. « À ce stade ce que nous voulons savoir c’est ce qui s’est passé et pourquoi cela s’est passé. (…) C’est la seule façon d’empêcher que cela se reproduise », a-t-elle ajouté.

Portant 13 civières, avec une cible dessinée sur chacune, en hommage aux 13 membres du personnel de MSF tués à Kunduz, les manifestants, certains en blouse blanche, brandissaient des pancartes telles que « même la guerre a des règles » ou « laissez les médecins travailler ».

Il y a eu au total 30 tués dans ce bombardement américain demandé par les autorités afghanes.

Selon Mme Liu, MSF a reçu peu de soutien dans sa demande d’enquête indépendante dans le cadre des Conventions de Genève et n’a obtenu aucune information sur les trois enquêtes en cours (américaine, afghane et de l’Otan). Le président Barack Obama a admis publiquement que cette frappe était une erreur.

Le directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Yves Daccord, et le président de Médecins du Monde (MdM), Nago Humbert, ont rappelé l’obligation de respecter les installations médicales dans les pays en conflit, de la Syrie à l’Afghanistan, du Yémen au Soudan, de la Somalie à l’Irak.

Le 27 octobre, l’hôpital de Haydan au Yémen, soutenu par MSF, a également été bombardé.

Samedi à Genève, le président du CICR Peter Maurer et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avaient lancé un appel conjoint à la protection des civils et au respect du droit international humanitaire, bafoué quotidiennement par les belligérants dans le monde.


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