Un combattant Canadien de 23 ans, John Robert Gallagher, tué par le groupe armé État islamique en Syrie

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John Robert, un combattant canadien au sein des Forces démocratiques syriennes a été tué lors d'une attaque suicide.
John Robert Gallagher, un combattant canadien aux côtés des Kurdes en Syrie, a été tué lors d’une attaque suicide.

John Robert Gallagher, un jeune Canadien de 23 ans combattant aux côtés des forces kurdes en Syrie a été tué par le groupe armé État islamique lors d’une attaque suicide, rapporte aujourd’hui l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), un organisme indépendant qui s’appuie sur un vaste réseau d’informateurs sur le terrain.

L’homme, qui combattait avec les Unités de défense populaires kurdes (YPG), gardait un poste de contrôle mercredi matin, quand un kamikaze de l’EI s’est fait exploser à l’aide d’une ceinture d’explosifs dans une ferme près du village d’Al-Hawl, à l’est de la ville d’Hassaké, où se déroulent des affrontements opposant les Forces démocratiques syriennes (SDF), le Conseil militaire syriaque, les Unités de défense populaire kurdes (YPG), Unités de défense des femmes (YPJ), aux combattants du groupe armé État islamique.

Gallagher, un ancien fantassin qui a servi dans le 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, s’était porté volontaire pour combattre avec les forces kurdes dans le nord de l’Irak en mai de cette année, puis s’était rendu en Syrie deux mois plus tard, au début de juillet.

Touchés par le sort des populations victimes des djihadistes, environ une douzaine de Canadiens se sont portés volontaires pour combattre aux côtés des forces kurdes luttant contre le groupe l’État islamique (EI), comme le tireur d’élite québécois Wali, dont on peut lire le récit sur 45eNord.ca.

Mais la mort de John Robert Gallagher serait le premier décès d’un volontaire canadien parti lutter contre l’EI.

Selon un journaliste de la chaîne de télévision privé canadienne CTV, Daniele Hamamdjian, qui a été en contact avec les YPG, le groupe aux côtés duquel combattait le Canadien serait en possession des biens personnels et du passeport de l’homme. Le groupe a également dit à cette occasion que d’autres Canadiens luttaient actuellement avec eux, mais, heureusement, n’était pas au point de contrôle lors de l’explosion.

Le commandement général des Forces démocratiques syriennes avait d’ailleurs précédemment annoncé, note l’OSDH, une campagne pour libérer le sud d’Hassaké contrôlée par l’EI. « Notre campagne va se poursuivre jusqu’à la libération de tous les territoires occupés de la province d’Hassaké par l’organisation terroriste de Daesh [l’acronyme arable de l’EI, ndlr] et jusqu’au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans la région », disait le communiqué.

Le commandement des Forces démocratiques syriennes mettait alors en garde contre les méthodes auxquelles l’EI n’hésitent pas à recourir, telles les attaques suicides, la prise d’otages et l’utilisation de ses prisonniers comme boucliers humains pour se protéger des attaques de ses ennemis.

Même les meilleurs guerriers ne peuvent pas toujours venir à bout de militants fanatisés pour qui tant leur propre vie que celles des autres n’a aucune importance.

Le Pentagone salue l’avancée dans cette région de ses alliés arabes

Par ailleurs,le Pentagone a salué aujourd’hui l’avancée de ses alliés arabes qui ont reconquis environ 255 km carrés de terrain sur le groupe État islamique dans la région.

« Les Forces démocratiques syriennes (FDS) » et leur « composante arabe », la Coalition arabe syrienne (CAS) ont « repoussé le groupe État islamique et regagné 255 kilomètres carrés de terrain », a indiqué le colonel Steve Warren, un porte-parole militaire américain s’exprimant par vidéoconférence depuis Bagdad.

Il s’agit d’une petite avancée, mais « elle démontre la viabilité » du programme de soutien américain à la Coalition arabe syrienne, à qui des munitions avaient été parachutées le 12 octobre par des avions américains, a-t-il souligné.

Les États-Unis sont « encouragés » par ce succès et veulent « le renforcer », a-t-il dit, laissant entendre que d’autres parachutages de munitions auraient lieu.

Cette avancée vient à point nommé pour le Pentagone, alors qu’une enquête en Syrie du New York Times publiée mardi jette le doute sur les capacités réelles des Forces démocratiques syriennes et de sa composante arabe, qui serait forte de 4 à 5.000 combattants.

« Presque toute la capacité de combat » des FDS « provient des milices kurdes », indique le quotidien.

Quand à l’appellation « Coalition arabe syrienne » désignant les composantes arabes des FDS, elle est une « invention américaine », selon le New York Times.

Après le fiasco de leur programme pour entraîner et équiper des groupes rebelles syriens, les États-Unis ont décidé de se rabattre sur la fourniture d’équipement et le soutien aérien à certains groupes rebelles, en particulier dans le nord de la Syrie.

Ils ont ainsi parachuté 50 tonnes de munitions à la « Coalition arabe syrienne », présentée comme une coalition de groupes arabes qui se sont battus avec les Kurdes pour reconquérir sur le groupe Etat islamique une bande de territoire syrien le long de la frontière turque.

L’offensive sur Al-Hawl a été appuyée par 17 frappes d’avions américains d’attaque au sol, des A-10 et un AC-130, venus d’Incirlik en Turquie, a précisé le colonel Warren.

Depuis le début de la campagne très médiatisée de frappes russes en Syrie et son apparent succès, les États-Unis font des pieds et des mains pour démontrer la justesse de leur stratégie d’appuyer les forces locales sans s’engager eux-même trop loin dans le conflit qui a débuté en mars 2011 et la faveur duquel le groupe ultra-radical a pu s’emparer de la moitiés du territoire syrien et se servir de ses succès comme tremplin pour envahir de vastes pans de territoire de l’Irak voisin.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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