USA: Bush junior sous l’emprise de Cheney le «dur» et Rumsfeld le «crâneur», selon son père George H. Bush

George W. Bush 41e président des États-Unis, qui occupa le Bureau ovale de 1989 à 1993, et père de George W. Bush, 43e présidents des États-Unis, de 200 à 2008. (DoD)
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George W. Bush 41e président des États-Unis, qui occupa le Bureau ovale de 1989 à 1993, et père de George W. Bush, 43e présidents des États-Unis, de 200 à 2008. (DoD)
George W. Bush 41e président des États-Unis, qui occupa le Bureau ovale de 1989 à 1993, et père de George W. Bush, 43e présidents des États-Unis, de 200 à 2008. (DoD)

L’ancien président américain George W. Bush était sous l’emprise « néfaste » de Dick Cheney le « dur » et de Donald Rumsfeld le « crâneur » qui l’ont poussé à faire la guerre, notamment en Irak, accuse son père George H. Bush qui le précéda à la Maison Blanche.

Bush senior, qui occupa le Bureau ovale de 1989 à 1993, rompt son silence à 91 ans à propos du double mandat controversé de son fils (2001-2009), dans un livre d’entretiens à paraître la semaine prochaine (« Destiny and Power: The American Odyssey Of George Herbert Walker Bush ») et au moment où son autre fils, Jeb Bush, espère perpétuer la dynastie familiale en entrant à son tour à la Maison Blanche en janvier 2017.

Deux personnages centraux de la présidence du républicain George W. Bush, 43e locataire de la Maison Blanche, sont les cibles des flèches de George H. Bush, 41e président des Etats-Unis: le vice-président de l’époque Dick Cheney, accusé d’avoir bâti son « propre empire », et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, un « arrogant » qui a « mal servi le président », selon les bonnes feuilles de l’ouvrage révélées jeudi par le New York Times.

« Destiny and Power: The American Odyssey of George Herbert Walker Bush »Deckle Edge, 10 nov 2015 par Jon Meacham.
Dans cet ouvrage biographique, Bush père reproche à M. Cheney d’avoir adopté une « ligne dure » pour convaincre George W. Bush d’avoir recours à la force militaire américaine en Irak en 2003 et en Afghanistan en 2001. Deux conflits qui ont traumatisé l’Amérique et contribué à la victoire en 2008 du démocrate Barack Obama, élu en partie pour y mettre un terme.

Sous la présidence de Bush junior, « je m’inquièt(ais) de la rhétorique qui était à l’oeuvre à l’époque. Une partie émanait peut-être de lui (W. Bush, NDLR) et une partie venait de gens autour de lui », confie ainsi Bush père à l’auteur du livre, son biographe Jon Meacham.

« Il est assez facile de faire les titres de l’actualité avec une rhétorique enflammée mais cela ne règle pas nécessairement les problèmes diplomatiques », tacle le dirigeant républicain, qui fut un président populaire lorsqu’il déclencha la première Guerre du Golfe en janvier 1991 avant d’être battu par le démocrate Bill Clinton en novembre 1992.

Bush père s’en prend à un discours de son fils sur l’état de l’Union, en 2002 devant le Congrès, entré dans les annales pour l’invention de « l’axe du mal » sur lequel l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord étaient montrés du doigt comme les bêtes noires de l’Amérique.

« En se retournant sur cet +axe du mal+ et sur ce genre de choses, je pense qu’historiquement cela ne s’avère pas bénéfique à quoi que ce soit », dénonce l’ancien président.

George H.W. Bush avait travaillé avec Dick Cheney, qui fut son secrétaire à la Défense lors de l’opération Tempête du désert, quand une coalition internationale pilotée par les États-Unis avait chassé du Koweït en 1991 l’armée du président irakien Saddam Hussein.

Mais dix ans plus tard, fin 2001, sous l’impact terrible des attentats du 11-Septembre, le Dick Cheney devenu vice-président de W. Bush était devenu « partisan de la ligne dure, très différent du Dick Cheney que je connaissais et avec lequel j’ai travaillé », assène Bush père.

Le numéro 2 de la Maison Blanche s’était transformé en « un vrai dur », sous influence peut-être aussi de son épouse Lynne, véritable « éminence grise », et de leur fille Liz, deux femmes considérées comme des conservatrices par M. Bush.

Le père n’absout pas pour autant son fils. « La faute du président » ? D’avoir laissé trop de marge de manoeuvre à M. Cheney, qui avait bâti sa propre cellule de politique étrangère, en concurrence avec le département d’État.

Quant au chef du Pentagone de l’époque, Donald Rumsfeld, c’était « un arrogant, sûr de lui et crâneur », attaque Bush senior. Et qui, au final, aura « nui » à Bush junior.

Un autre Bush, Jeb, est l’un des candidats du camp républicain pour la présidentielle de novembre 2016. Mais ce fils et frère de deux anciens présidents traverse une mauvaise passe et il est distancé dans des sondages par le milliardaire Donald Trump, le chirurgien à la retraite Ben Carson et les sénateurs Marco Rubio et Ted Cruz.

Dans un entretien jeudi sur la télévision MSNBC, Jeb Bush a défendu son frère, « un grand garçon », et critiqué son père pour chercher à « réécrire l’histoire ».