Yémen: les rebelles relancent une offensive au Sud, contre toute attente

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Yémen: Aden après les destructions causées par le conflit. (Compte Twitter/‏@PMaurerICRC)
Yémen: Aden après les destructions causées par le conflit. (Archives/Compte Twitter/‏@PMaurerICRC)

Les rebelles yéménites pro-iraniens ont reconquis des positions perdues ces derniers mois dans le sud du Yémen lors d’une nouvelle tentative d’avancer vers la grande ville d’Aden où le gouvernement s’est installé, ont indiqué dimanche des sources militaires.

Dans la province de Lahej, voisine d’Aden, la capitale du Sud, les rebelles chiites Houthis et leurs alliés ont positionné leurs forces sur une colline surplombant la base aérienne stratégique d’Al-Anad, selon ces sources.

Des troupes soudanaises, associées à la coalition arabe sous commandement saoudien qui combat les rebelles auprès des forces progouvernementales, sont stationnées à Al-Anad. Le déploiement rebelle constitue « un réel danger », a affirmé une de ces sources à l’AFP.

Avec l’appui de la coalition arabe (aérien, terrestre et matériel), les forces progouvernementales avaient lancé une vaste contre-offensive en juillet, boutant les insurgés hors d’Aden et de quatre autres provinces du sud (Lahej, Dhaleh, Abyane et Chabwa).

Des combats avaient lieu samedi entre les rebelles et leurs adversaires à Al-Madaribah, à la frontière entre les provinces de Lahej et de Taëz (sud-ouest), selon des sources progouvernementales.

Les rebelles ont repris Damt, la deuxième grande localité de la province de Dhaleh, après l’avoir encerclée pendant des heures et s’être heurtés aux loyalistes, ont indiqué des sources militaires. Ces affrontements ont fait 16 morts.

Les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite, ont été « contraintes de se retirer de la ville », a indiqué une source.

Dans la localité côtière de Dhoubab, près du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, les rebelles se sont emparés d’une base militaire après des combats qui ont fait onze morts dans leurs rangs et six chez les loyalistes, selon une autre source militaire.

Les loyalistes avaient repris le mois dernier Dhoubab qui leur donne un contrôle de fait sur Bab al-Mandeb, par où passe une partie du trafic maritime mondial, à l’entrée sud de la mer Rouge.

Le conflit au Yémen a connu une grave escalade en mars lorsque l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition arabe dans le but de freiner l’avancée des rebelles qui s’étaient rendus maîtres de la capitale Sanaa et d’une bonne partie du pays.

Les Houthis, alliés à des unités militaires restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, avaient réussi notamment à s’emparer d’Aden, forçant le président Hadi à l’exil, avant d’en être chassés en juillet.

Avec leurs dernières avancées, les Houthis et leurs alliés cherchent à revenir à Aden », a déclaré un haut responsable militaire.

Depuis mars, le conflit a fait quelque 5.000 morts, dont plus de la moitié de civils, selon l’ONU qui cherche à organiser des pourparlers de paix vers la mi-novembre, probablement à Genève.

L’Arabie saoudite et ses alliés sunnites affirment que l’Iran chiite cherche à « rééditer au Yémen l’expérience du Hezbollah ». Les Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), estiment avoir été marginalisés par le pouvoir.

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