C’est au nom d’Allah que l’alliance militaire de 34 pays formée par l’Arabie combattra le terrorisme

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Riyad avait lancé le 26 mars des frappes pour stopper la progression des Houthis qui aurait permis à cette milice issue de l'importante minorité zaïdite d'étendre son emprise sur tout le territoire du Yémen, frontalier de l'Arabie saoudite, pays qui compte aussi une minorité chiite (Archives/Fayez Nureldine/AFP)
C’est au nom d’Allah que l’alliance militaire islamique de 34 pays formée par l’Arabie saoudite combattra le terrorisme. (Archives/Fayez Nureldine/AFP)

L’Arabie saoudite a annoncé la création d’une «alliance militaire islamique» antiterroriste de 34 pays du Proche et du Moyen-Orient et même d’Afrique pour lutter en invoquant le Coran, jetant l’anathème sur les groupes terroristes et rejetant toute excuse ou justification au terrorisme.

« Les pays dont les noms figurent dans cette déclaration ont décidé de former une alliance militaire pour lutter contre le terrorisme menée par le Royaume d’Arabie Saoudite et un centre d’opérations conjointes sera établi dans la ville de Riyad de coordonner et de soutenir les opérations militaires pour combattre le terrorisme et développer les programmes et les mécanismes nécessaires pour soutenir ces efforts. », annonce l’agence officielle saoudienne SPA.

Ces pays participant à l’alliance sont: la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Pakistan, le Bahreïn, le Bangladesh, le Bénin, la Turquie, le Tchad, le Togo, la Tunisie, Djibouti, le Sénégal, le Soudan, la Sierra Leone, la Somalie, le Gabon, la Guinée, la Palestine, les Comores, le Qatar, la Côte d’Ivoire, le Koweït, le Liban, la Libye, les Maldives, le Mali, la Malaisie, l’Égypte, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, et le Yémen.

Plus de dix autres pays islamiques ont exprimé leur soutien à cette alliance et prendront les mesures nécessaires à cet égard, y compris en Indonésie, affirme aussi l’agence saoudienne

Le communiqué officiel du Royaume saoudien, qui commence par les mots « Louange à Allah et la paix soient sur Mohammed, le messager d’Allah », donne comme fondement à son action, non seulement le droit des États à se défendre, mais surtout la foi musulmane elle-même.

Il cite le Coran qui enjoint de « coopérer dans la justice et la piété, mais pas dans le péché et l’agression » et « les enseignements de la charia et les dispositions islamique qui rejettent le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations parce que il est un crime odieux et que l’injustice est rejeté par toutes les religions célestes et l’instinct humain ».

Il invoque également le « devoir de protéger la nation islamique contre le fléau des groupes et organisations terroristes, quels que soient leur secte et leur nom, qui propagent la mort et la corruption sur Terre et qui cherchent à terroriser les innocents ».



Bien choisir…sa guerre

Cette initiative va dans le sens des demandes américaines en faveur d’une plus grande implication des pays de la région arabes dans la campagne militaire menée contre l’État islamique en Irak et en Syrie. L’Iran, toutefois, grand rival régional de l’Arabie saoudite, ne fait pas partie de la coalition.

Le ministre saoudien de la Défense, Mohammed ben Salman, a déclaré que la coalition coordonnera son action avec les principales puissances et avec les organisations internationales, ajoutant que qu’il compte non seulement lutter contre l’EI, mais contre « tout groupe terroriste », a ajouté le ministre.

« Il y aura une coordination internationale avec les grandes puissances et les organisations internationales … en termes d’opérations en Syrie et en Irak. Nous ne pouvons pas entreprendre ces opérations sans coordination avec les autorités légitimes et de la communauté internationale », a-t-il déclaré préciser davantage.

Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe combattent depuis neuf mois au Yémen les rebelles houthis soutenus par l’Iran.

Mais, alors que des pourparlers de paix sont prévus mardi en Suisse sous l’égide de l’ONU, la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite vient d’annoncer qu’un cessez-le-feu doit entrer en vigueur mardi à 09H00 GMT au Yémen, tout en se réservant le droit de riposter en cas de violation » de la trêve par les rebelles Houthis.

La trêve, de sept jours, sera « renouvelable automatiquement si l’autre partie la respecte ».

Ce qui ferait bien l’affaire des États-Unis qui, suite à la série d’attaques contre des cibles occidentales dans les derniers mois, n’ont pas caché qu’ils croyaient que la puissance de feu de l’Arabie saoudite et de ses voisins du Golge serait mieux utilisé contre le groupe armé État islamique.

D’autant plus que le groupe djihadiste a promis de renverser les monarchies du Golfe et monté tout récemment encore une série d’attaques contre des mosquées chiites et les forces de sécurité au Koweït et en Arabie saoudite.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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