Irak: l’armée devant un complexe stratégique tenu par l’EI à Ramadi

Un membre des forces progouvernementales irakiennes regarde la fumée s'élever de Ramadi, à 110 km à l'ouest de Bagdad, le 27 décembre 2015. (AFP/STR)
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Un membre des forces progouvernementales irakiennes regarde la fumée s'élever de Ramadi, à 110 km à l'ouest de Bagdad, le 27 décembre 2015. (AFP/STR)
Un membre des forces progouvernementales irakiennes regarde la fumée s’élever de Ramadi, à 110 km à l’ouest de Bagdad, le 27 décembre 2015. (AFP/STR)

Les forces irakiennes ont gagné du terrain dimanche dans le centre de Ramadi, la grande ville à l’ouest de Bagdad, atteignant l’ancien complexe gouvernemental tenu par le groupe djihadiste État islamique (EI).
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Mise à jour au 27/12/2015 à 10h37

Tous les combattants du groupe djihadiste Etat islamique (EI) ont quitté dimanche un complexe gouvernemental stratégique de la ville de Ramadi que tentent de reprendre les forces irakiennes, a déclaré un porte-parole des forces d’élite antiterroristes.

« Nos forces encerclent le complexe gouvernemental. Elles contrôlent toutes les entrées et les bâtiments adjacents avant d’y pénétrer », a encore indiqué le porte-parole.

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Aidées par les raids aériens de la coalition internationale menée par les États-Unis, les forces d’élite antiterroristes et l’armée irakienne avaient pénétré relativement facilement mardi dans le centre de Ramadi en vue de reprendre cette ville tombée en mai aux mains de l’EI.

Leur avancée avait cependant été ralentie ces derniers jours par les engins explosifs, les tireurs embusqués et les attaques suicide djihadistes, et ils progressaient très lentement vers le siège du gouvernement provincial. Ils s’en sont rapprochés dimanche.

« Les troupes sont aux portes du complexe » après avoir pris trois bâtiments proches, a indiqué dimanche Raja Barakat, membre du Conseil provincial de la province d’Al-Anbar.

Ramadi, situé à 100 km à l’ouest de Bagdad, est le chef-lieu de la province majoritairement sunnite d’Al-Anbar, la plus grande d’Irak et qui est frontalière de la Syrie, la Jordanie et l’Arabie saoudite. La ville s’étend le long du fleuve Euphrate dans une vallée fertile.

La reconquête de Ramadi redorerait le blason de l’armée irakienne, fortement critiquée pour son humiliante déroute en juin 2014 face à l’EI qui avait mis la main sur de vastes pans du territoire au terme d’une offensive fulgurante.

Un haut officier de la huitième division de l’armée a indiqué que « sept membres des forces [gouvernementales] ont été blessés dans les combats [autour du complexe] et dans l’explosion de mines ».

Et au moins cinq membres des forces de sécurité ont été tués depuis vendredi, selon plusieurs sources au sein des services de sécurité, même si le gouvernement n’a pas révélé le bilan total des victimes dans ses rangs depuis le début de l’opération il y cinq jours.

Des sources dans l’armée irakienne ont affirmé que plus de 50 djihadistes avaient été tués durant les dernières 48 heures.

260 bombes désamorcées

Le nombre de membres de l’EI présents à Ramadi était estimé mardi à plusieurs centaines.

L’officier de l’armée a en outre affirmé que 260 engins piégés avaient été désamorcés sur le front nord de Ramadi lors du week-end.

Un des autres obstacles à l’avancée rapide des forces gouvernementales est la présence de civils dans les zones de combat, dont beaucoup sont utilisés comme boucliers humains.

Des civils ayant pu s’échapper ont affirmé qu’il restait très peu de nourriture pour ceux qui étaient encore coincés dans la ville.

L’un d’entre eux a en outre affirmé que lui et sa famille avaient été secourus après que des combattants de l’EI se furent servis d’eux comme bouclier humain pour fuir la ville.

« Plus de 250 familles de Ramadi ont pu en sortir depuis le début des opérations militaires » mardi, a déclaré Ali Dawood, un responsable du quartier Khaldiya.

Certaines ont rejoint des camps de déplacés dans la province tandis que d’autres ont préféré rejoindre Bagdad ou la région autonome du Kurdistan, dans le nord.

D’après l’Organisation internationale des migrations, les habitants de la province d’Al-Anbar représentent un tiers des 3,2 millions d’Irakiens forcés de quitter leurs foyers en raison des combats depuis 2014.

L’institut spécialisé IHS Jane’s basé à Londres a estimé la semaine dernière que l’EI avait perdu cette année 14 % de l’ensemble des territoires conquis en 2014 en Syrie et en Irak.