L’ancien chef du Pentagone Chuck Hagel critique la politique d’Obama sur la Syrie

En visite à Abou Dhabi, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a déclaré, ce jeudi, que les Etats-Unis pensaient que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle (Photo: Archives/Glenn Fawcett/DoD)
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En visite à Abou Dhabi, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a déclaré, ce jeudi, que les Etats-Unis pensaient que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle (Photo: Archives/Glenn Fawcett/DoD)
L’ancien secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel. (Archives/Glenn Fawcett/DoD)

La décision de Barack Obama de renoncer à frapper le régime de Bachar al-Assad en 2013 a endommagé sa crédibilité, estime Chuck Hagel, qui était à l’époque le secrétaire à la Défense de l’administration américaine.

« Il n’y a pas de doute pour moi » que cet épisode « a diminué la crédibilité de la parole du président », estime M. Hagel, qui s’exprime pour la première fois publiquement depuis son départ du Pentagone en février, dans une interview au magazine Foreign Policy publiée vendredi.

Le 30 août 2013, M. Hagel avait appris par un appel téléphonique du président Obama que celui-ci renonçait finalement à frapper le régime syrien, même si Damas avait franchi la « ligne rouge » fixée par le président américain, l’utilisation d’armes chimique contre sa population.

Les États-Unis étaient pourtant prêts à agir, M. Hagel ayant passé sa journée à finaliser les préparatifs pour le tir de missiles Tomahawk contre Damas depuis des bateaux en Méditerranée.

La confiance des alliés des Américains a été ébranlée par ce renoncement, selon M. Hagel, qui affirme entendre aujourd’hui encore des dirigeants étrangers se plaindre de la décision du président américain.

Pour l’ex-secrétaire à la Défense, un ancien combattant du Vietnam âgé aujourd’hui de 69 ans, l’épisode illustre la difficulté de l’exécutif américain à formuler une réponse cohérente à la crise syrienne.

Chuck Hagel regrette en particulier d’interminables réunions avec les services de Susan Rice, à l’époque la conseillère d’Obama pour la sécurité nationale.

« Nous passions notre temps à repousser les décisions difficiles. Et il y avait toujours trop de monde dans la salle », regrette-t-il.

Aujourd’hui, l’administration Obama « a toujours du mal avec la stratégie politique » sur la Syrie mais « le secrétaire d’État Kerry a progressé vers la bonne stratégie », estime M. Hagel, en mentionnant les discussions en cours avec la Russie, l’Iran et les gouvernements arabes.

L’ancien secrétaire à la Défense estime également que les États-Unis auraient « pu et dû en faire plus » pour aider l’Ukraine face à la Russie, en livrant plus de matériel militaire non létal.

Et comme ses prédécesseurs Robert Gates et Leon Panetta, Chuck Hagel regrette des ingérences excessives de la Maison Blanche dans les affaires internes du Pentagone.

Mais « j’ai toujours eu une relation très bonne, très positive » avec le président lui-même, ajoute-t-il.