L’Égypte achète des systèmes aériens de défense embarqués russes «President-S»

Le "complexe de défense embarqués Président–S (BKO)"détecte automatiquement le lancement d'un missile et active l'utilisation d'interférences passives et actives dans les gammes infrarouges et radios. (KRET)
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Le "complexe de défense embarqués Président–S (BKO)"détecte automatiquement le lancement d'un missile et active l'utilisation d'interférences passives et actives dans les gammes infrarouges et radios. (KRET)
Le « complexe de défense embarqués « Président–S (BKO) » détecte automatiquement le lancement d’un missile et active l’utilisation d’interférences passives et actives dans les gammes infrarouges et radios. (KRET)

La Russie et l’Égypte ont signé un accord de livraison de systèmes aériens Président-S destinés à parer les attaques de missiles sol-air. a annoncé vendredi le premier vice-directeur du Groupe de technologies radio-électroniques KRET, Igor Nassenkov, rapporte l’agence de presse officielle russe Sputnik.

« Nous avons un contrat et nous travaillons dans le cadre de ce contrat. Les livraisons sont sur le point de commencer. Toutes nos usines travaillent pour exécuter cette commande », a indiqué Igor Nassenkov, cité par l’agence russe, sans préciser la valeur du contrat.

Le Groupe de technologies radio-électroniques KRET est une filiale de la société d’État géante Rostec. Actuellement, KRET réunit plus de 95 entreprises et organisations engagées dans le développement et la production de produits de radio-électronique civile et militaire, peut-on lire sur le site de l’entreprise, dont le nombre total d’employés dépasserait 50.000 personnes.

Le « complexe de défense embarqués Président–S (BKO) » détecte automatiquement le lancement d’un missile et active l’utilisation d’interférences passives et actives dans les gammes infrarouges et radios, brouillant ainsi les systèmes d’autoguidage du missile et le redirigeant vers de fausses cibles, explique le premier-vice-directeur de la société de technologie Kret.

Le système se présente sous la forme de blocs qui peuvent être placés tant à l’intérieur que sur les accroches externes du fuselage des avions et hélicoptères civils et militaires. La Russie avait dévoilé le prototype de ce complexe de défense embarqué en juin 2010 au Salon Eurosatory-2010 à Paris et lancé sa production en série en juin 2015.

Un produit taillé su mesure pour les régions instables de ce monde

« Ces dernières décennies, dans les guerres locales et les conflits, la part principale des pertes d’avions et d’hélicoptères (80-90%) revient à leur destruction par des missiles de complexe de missile antiaérien portable (PZRK) avec des têtes optiques de guidage », explique la société de technologie russe sur son site, indiquant que le complexe de bord de défense (BKO) « Président-S » s’oppose aux missiles de classe « terre-air » ainsi qu’aux missiles de complexes de missile antiaérien portables (PZRK).

« La discrétion, l’autonomie et la simplicité relative d’utilisation, la commodité de transport par tous type de transport, son prix relativement bon marché par rapport à un complexe de missiles antiaériens avec des systèmes de guidage radar ont conditionné la diffusion des PZRK dans le monde entier, y compris dans les pays du Proche-Orient et d’Afrique », souligne la filiale de Rostec.

Même si les fabricants d’armes occidentaux dominent encore le marché mondial de l’armement, leurs ventes déclinent alors que les affaires de leur concurrents russes sont florissantes, annonçait ce mois-ci l’Institut de recherche sur la paix internationale de Stockholm (Sipri), un institut d’études stratégiques réputé, notamment, pour ces études sur le développement de l’armement, les dépenses militaires, la production et le marché de l’armement.

L’Égypte redevenue un client majeur de la Russie

Alors que l’industrie russe de la Défense compte d’importants clients dans le reste du monde, dont l’Inde et la Chine rivales, toujours en pointe dans la course aux armements, l’Égypte est quant à elle redevenue un client majeur de la Russie,

Le pays des Pharaons s’est récemment tournée vers Moscou pour ne plus être tributaire de Washington, avec qui les relations se sont refroidies après la destitution en 2013 du président Morsi, islamiste, certes, mais démocratiquement élu.

C’est ainsi que, alors que les États-Unis avaient suspendu une partie de leur aide militaire à l’Égypte, reprise depuis, les Russes se sont faits une joie de combler le vide laissé par les Américains.

Les Russes ont tout de suite proposé à l’Égypte en 2013 des hélicoptères et des systèmes de défense aérienne modernes; une affaire de pas moins de 2 milliards $ qui a relancé de la coopération militaire de grande envergure entre la Russie et l’Égypte qui avait été un client majeur de la défunte Union soviétique à l’époque de Nasser qui fut à la tête du pays de 1956 à 1970.

Depuis l’éviction de M. Morsi, la Russie et l’Égypte ont donc renforcé considérablement leur coopération dans le domaine militaro-technique, au moment où la relation privilégiée du Caire avec Washington, principal pourvoyeur de fonds et d’armes à l’armée égyptienne, battait quelque peu de l’aile en raison de la sanglante répression visant les pro-Morsi.

Seulement cette année, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi s’est rendu à Moscou trois fois pour y rencontrer son homologue Vladimir Poutine.