Turquie: le ministre de la Défense américain veut qu’Ankara fasse plus contre l’EI

Le secrétaire à la Défense Ash Carter témoigne devant le Comité des forces armées du Sénat américain à Washington, DC, le 9 décembre 2015. (Maître de 1re classe Tim D. Godbee/DoD)
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Le secrétaire à la Défense Ash Carter témoigne devant le Comité des forces armées du Sénat américain à Washington, DC, le 9 décembre 2015. (Maître de 1re classe Tim D. Godbee/DoD)
Le secrétaire à la Défense Ash Carter témoigne devant le Comité des forces armées du Sénat américain à Washington, DC, le 9 décembre 2015. (Maître de 1re classe Tim D. Godbee/DoD)

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a exhorté mardi la Turquie à « en faire plus » dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), lors d’une visite de la base turque d’Incirlik (sud) d’où partent les avions américains qui bombardent les jihadistes.

« La Turquie a un rôle énorme à jouer (…) et nous apprécions ce qu’ils (les Turcs) font. Nous voulons qu’ils en fassent plus », a déclaré M. Carter aux journalistes qui l’accompagnaient jusqu’en Turquie.

La Turquie a donné son feu vert en juillet à l’utilisation par des avions de guerre américains de la base aérienne d’Incirlik, dans le sud de la Turquie, qui se trouve à moins de 200 km des positions de l’EI dans le nord de la Syrie voisine.

Longtemps accusé de complaisance envers les rebelles syriens les plus radicaux, Ankara a rejoint depuis l’été la coalition antijihadiste.

« Ils (les Turcs) nous accueillent sur la base aérienne d’Incirlik, ce qui est une contribution très importante. Mais il y a plus à faire qu’héberger nos forces et celles de la coalition. Nous voulons que les forces turques nous rejoignent dans les airs et au sol », a poursuivi le chef du Pentagone.

« Très important, la contribution la plus nécessaire que leur impose la géographie est le contrôle de leur propre frontière », a insisté Ashton Carter.

Sous la pression de ses alliés, le gouvernement islamo-conservateur turc a renforcé ces derniers mois son dispositif à sa frontière avec la Syrie, principal point de passage des recrues, notamment européennes, qui rejoignent les rangs jihadistes.

Les Etats-Unis insistent depuis quelques semaines auprès des Turcs pour qu’ils ferment hermétiquement leur frontière sur une centaine de kilomètres au sud de Gaziantep (sud), encore contrôlé côté syrien par le groupe Etat islamique.

En raison de son emplacement stratégique, la base d’Incirlik est devenue un « hub majeur » pour les opérations de la coalition.

« Au cours du mois écoulé, nous sommes parvenus ensemble à atteindre la cadence opérationnelle la plus élevée contre l’EIIL (autre acronyme de l’EI) depuis le début de la campagne en août 2014 », a indiqué à l’AFP une source diplomatique américaine.

Le président américain Barack Obama a déclaré lundi que les efforts militaires des Etats-Unis et de leurs alliés contre l’EI s’étaient intensifiés mais a concédé que les progrès contre les jihadistes devaient être « plus rapides ».

Après sa visite à Incirlik, M. Carter doit se rendre en Irak.