Yémen: enquête de la coalition arabe sur des raids contre un hôpital de MSF

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Le système de santé au Yemen s'effondre avec le violent conflit violent qui fait rage dans le pays depuis mars, écrit MSF. (MSF/Yemen)
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Le système de santé au Yemen s'effondre avec le violent conflit violent qui fait rage dans le pays depuis mars, écrit MSF. (MSF/Yemen)
Le système de santé au Yemen s’effondre avec le violent conflit violent qui fait rage dans le pays depuis mars, écrit MSF. (MSF/Yemen)

La coalition arabe engagée au Yémen contre les rebelles chiites a annoncé jeudi qu’elle allait enquêter sur les raids aériens contre une clinique mobile de l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) qui lui ont été imputés.

Dans un communiqué, MSF a attribué à la coalition sous commandement saoudien les raids contre sa clinique, faite de tentes, dans le sud-ouest du Yémen, et les a dénoncés comme « une violation des lois humanitaires ».

MSF au Yémen. (Source: MSF)
Les équipes de MSF travaillent dans huit gouvernorats yéménites (Sanaa, Saada, Aden, Taiz, Amran, Al Dhale, Ibb et Hajja). Depuis le début de la crise actuelle en mars 2015, les équipes de MSF ont traité plus de 16.000 patients blessés de guerre. Avec le système de soins de santé qui fonctionne à peine, MSF fournit également des services de santé non urgents. (Source: MSF)
Selon MSF, neuf personnes, dont deux de ses employés, ont été blessés mercredi dans l’attaque dans le quartier d’Al-Houban à Taëz, chef-lieu de la province éponyme qui est le théâtre de combats entre rebelles chiites et forces progouvernementales soutenues par la coalition.

« Nous allons enquêter. Nous parviendrons à un résultat », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la coalition, le général Ahmed al-Assiri, qui a dit avoir demandé à MSF et aux militaires de fournir des informations.

C’est la première fois que la coalition arabe, qui intervient au Yémen depuis fin mars, d’abord par les airs puis au sol, ouvre une enquête pour un incident lié à ses opérations militaires dans ce pays.

Selon M. Assiri, des avions de la coalition effectuaient une mission mercredi quand ils ont reçu ordre de frapper « une cible urgente ». « Nous pensons que (la clinique mobile de) MSF était proche de cette position » occupée par les rebelles Houthis, a-t-il dit.

MSF a de son côté expliqué qu’après des raids visant un parc proche de sa clinique, son équipe « a immédiatement évacué et informé la coalition que ses avions menaient une attaque à proximité. La clinique fut alors attaquée ».

Selon le chef de la mission de MSF au Yémen, Jérôme Alin, « la coalition était informée de la localisation précise et des activités menées par MSF à Al-Houban ». « Il est impossible que la coalition puisse ignorer la présence de MSF dans le secteur », où l’organisation humanitaire opère depuis deux mois, a-t-il dit.

« Le bombardement des civils et des hôpitaux est une violation des lois humanitaires internationales », a-t-il dénoncé.

Mercredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dénoncé les raids contre la clinique de MSF et demandé « une enquête impartiale et rapide ».

M. Ban avait déjà condamné un incident similaire au Yémen le 27 octobre lorsqu’un hôpital de MSF avait été bombardé dans la province de Saada, fief des Houthis dans le nord du Yémen.

Selon l’ONG Human Rights Watch, environ 2.500 civils au Yémen ont été tués par des raids de la coalition. Plusieurs ONG ont critiqué cette campagne de frappes et accusent la coalition arabe de ne pas faire assez pour éviter les objectifs non-militaires.