Un ancien membre du Royal 22e Régiment combat l’EI en Irak

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«Safine» est parti combattre l'EI, en Irak depuis plusieurs semaines.
«Safeen» est parti combattre l’EI, en Irak depuis plusieurs semaines.

Un ancien membre du Royal 22e Régiment est parti combattre le groupe armé État islamique en Irak. Pour 45eNord.ca il a accepté de raconter SON combat. Pour des raisons de sécurité, il ne souhaite pas dévoiler son identité.

Suivant les traces de plusieurs Canadiens qui ont fait le choix de combattre les djihadistes de l’EI en intégrant les forces kurdes, soit en Irak, soit en Syrie, comme Wali – un autre ancien membre du Royal 22e Régiment – «Safeen» (son nom de guerre) s’est rendu en Irak à la mi-novembre.

Safeen a dans la quarantaine. Il a quitté les Forces armées canadiennes au milieu des années 90, alors qu’il était membre du Royal 22e Régiment, après avoir notamment servi en Allemagne, en ex-Yougoslavie et lors de la Guerre du Golfe.

Avec les conseils de Wali, ce vétéran, qui a donc 20 ans de vie civile derrière lui, est dans le nord irakien, chez les Kurdes, pour combattre l’EI.



Avec trois enfants de moins de 18 ans, la décision était à la fois facile et difficile pour Safeen. Si d’un côté le besoin de protéger la prochaine génération est fort, les risques comptent également.

«Lorsqu’il y a eu la montée de l’État islamique, j’ai commencé à suivre ça d’une manière intense […] et puis je suivais où se trouvaient les bombardements, les lignes de front», explique-t-il. Un jour, j’étais chez moi, je débattais de ça sur Facebook et j’en suis venu écœuré. J’avais cette honte des Balkans [de ne rien avoir pu faire]qui a mené à la dépression, à l’alcool, à la peur, mais j’ai eu le courage d’aller de l’avant. J’ai fait face à mes peurs et maintenant je suis ici et j’embrasse cette cause».

Après avoir passé un premier mois au sud de Kirkuk, il est désormais fantassin au sein d’un bataillon peshmerga dans la région de Sinjar, alors que la ville a été libérée il y a quelques semaines à peine.

L’axe était stratégique puisque c’est le seul qui relie Mossoul à Raqqa et qui permettait à l’EI de faire circuler matériel et hommes entre le nord irakien et le nord syrien.

Lors de l’offensive alliée de la mi-novembre plus de 7.000 combattants kurdes, épaulés par des conseillers militaires étrangers et par des avions de la Coalition, ont lancé leur attaque contre environ 400 djihadistes à Sinjar. Libérée, la ville reste encore dangereuse en raison des nombreux engins explosifs dissimulés un peu partout et avec la pression constante des djihadistes dans les environs.



Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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