Arabie saoudite: libération de Samar, la soeur du blogueur Raïf Badawi

Samar Badawi (Comptye Twitter/@amnestyonline)
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Samar Badawi (Comptye Twitter/@amnestyonline)
Samar Badawi (Comptye Twitter/@amnestyonline)

La soeur du blogueur saoudien Raef Badaoui, condamné par Ryad à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet, a été libérée mercredi après avoir été brièvement arrêtée et interrogée par la police saoudienne, selon Human Rights Watch (HRW).

Samar Badaoui « a été libérée sous caution. Puis elle a été soumise à un questionnaire obligatoire », a déclaré à l’AFP Adam Coogle de HRW, indiquant qu’elle se portait « bien » et qu’elle était désormais libre de ses mouvements.

L’AFP a tenté de joindre la militante mais elle était injoignable.

Samar Badaoui avait été arrêtée mardi à Jeddah, sur les bords de la mer Rouge, selon HRW et Amnesty International qui ont publié des communiqués séparés sur l’affaire.

Selon Ensaf Haidar, l’épouse de Raef Badaoui, elle « a été arrêtée sous l’accusation d’avoir animé le compte Twitter @WaleedAbulkhair », un autre militant des droits de l’Homme qui purge lui une peine de 15 ans de prison.

« Samar Badaoui a été transférée à la prison centrale de Dhahran (est), où Raef Badaoui et Waleed Abdulkhair se trouvent aussi », avait écrit sur son compte Twitter Ensaf Haidar, réfugiée au Québec avec ses trois enfants.

Amnesty International a vu dans son arrestation un « nouveau recul alarmant des droits de l’Homme » dans le royaume saoudien.

Cette arrestation « démontre l’extrême détermination des autorités à mener leur campagne impitoyable de harcèlement et d’intimidation contre les défenseurs des droits de l’Homme pour les contraindre au silence », a déclaré Philip Luther, chargé du Moyen-Orient à Amnesty International.

« La détention de Samar Badaoui montre une fois de plus la détermination de l’Arabie saoudite à faire taire ceux qui ont le courage de parler des droits de l’Homme et des réformes », a souligné pour sa part Sarah Leah Whiston, directrice de HRW pour le Moyen-Orient.

Selon Amnesty, Samar Badaoui faisait l’objet d’une interdiction de quitter le royaume depuis décembre 2014, émise par le ministère saoudien de l’Intérieur.

Emprisonné depuis 2012, Raef Badaoui avait reçu ses 50 premiers coups de fouet en janvier 2015, mais cette punition a été suspendue après une vague de protestations internationales.

Animateur du site internet Liberal Saudi Network, Raef Badaoui s’est vu attribuer le 29 octobre le Prix Sakharov pour la liberté d’expression décerné par le Parlement européen, qui avait alors appelé à sa libération « immédiate ».