Bangladesh: peine de mort confirmée pour le leader du principal parti islamiste

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Motiur Rahman Nizami, chef du Jamaat-e-Islami (Islami Chhatrashibir)
Motiur Rahman Nizami, chef du Jamaat-e-Islami (Islami Chhatrashibir)

La Cour suprême du Bangladesh a confirmé mercredi la peine de mort infligée au dirigeant du principal parti islamiste, condamné pour crimes de guerre pour des faits remontant à la guerre d’indépendance de 1971.

Elle a rejeté l’appel de Motiur Rahman Nizami, chef du Jamaat-e-Islami, reconnu coupable de meurtre, viol et d’avoir organisé l’assassinat d’intellectuels lorsqu’il était chef d’une milice pro-pakistanaise.

Il risque désormais la pendaison d’ici quelques mois, sauf en cas de grâce présidentielle ou de réexamen de son cas par la même Cour suprême.

« La Cour a confirmé la peine de mort pour trois des quatre chefs d’accusation. Nous sommes très heureux », a dit le procureur Tureen Afroz aux journalistes. « Le plus important est que la peine de mort a été confirmée pour l’assassinat des intellectuels. »

Nizami, 72 ans et chef du parti depuis 2000, a été ministre dans un gouvernement de coalition ayant intégré les islamistes entre 2001 et 2006.

Trois dirigeants du Jamaat et un responsable de l’opposition ont été exécutés depuis décembre 2013 pour des crimes de guerre, en dépit des critiques internationales sur l’impartialité de la juridiction mise en place par le gouvernement pour juger ces faits.

Des centaines de militants laïcs, qui plaident depuis des années pour que les leaders islamistes répondent de leur rôle lors de la guerre de 1971, ont célébré l’annonce de cette décision dans le centre de Dacca.


« Ce verdict met fin à une longue et douloureuse attente de justice pour les familles des victimes de la guerre », a dit Imran Sarker, responsable d’un groupe de militants.

L’accusation estime que Motiur Rahman Nizami a joué un rôle de premier plan au sein de la milice islamiste pro-pakistanaise Al-Badr, orchestrant en particulier des massacres de professeurs, d’écrivains et de médecins.

La sécurité a été renforcée au Bangladesh, les précédentes condamnations de dirigeants du Jamaat ayant déclenché les pires violences connues par le pays depuis l’indépendance, 500 personnes trouvant la mort dans des heurts entre islamistes et police.

L’avocat de Nizami, Khandker Mahbub Hossain, espérait l’acquittement de son client.

« Nous allons maintenant décider de la conduite à tenir après l’avoir consulté », a-t-il dit.

Le tribunal international des crimes du Bangladesh (ICT) a condamné une dizaine de leaders islamistes pour crimes de guerre depuis sa création.

Les islamistes accusent le gouvernement d’utiliser le tribunal pour museler l’opposition.

Le gouvernement assure que ces procès servent à panser les plaies du conflit. La guerre avait débouché sur la naissance du Bangladesh, qui était depuis 1947 une province du Pakistan appelée Bengale oriental, puis Pakistan oriental.