Brèche de sécurité à Halifax: un disque dur avec des données sensibles trouvé au recyclage

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Un citoyen de Halifax, Peter Stevens, a découvert dans un centre de recyclage un disque dur des Forces armées canadiennes avec les noms et les coordonnées de membres du personnel militaire. (Photo d'illustration/Shema.org)
Un citoyen de Halifax, Peter Stevens, a découvert dans un centre de recyclage un disque dur des Forces armées canadiennes avec les noms et les coordonnées de membres du personnel militaire. (Photo d’illustration/Shema.org)

Après l’imprudence qui aurait conduit à une brèche de sécurité au NCSM Trinity, basé à Halifax, les Forces armées canadiennes ont du ouvrir encore une autre enquête concernant, cette fois, un disque dur qui contiendrait les noms et les coordonnées de membres du personnel militaire retrouvé par un citoyen de la capitale néo-écossaise dans un centre de recyclage, rapporte la Presse Canadienne.

Le citoyen, Peter Stevens, qui travaille pour l’industrie de l’électronique et pour qui la récupération de données sur des vieux disques durs est un passe-temps, a raconté avoir découvert le disque dur il y a environ un an et avoir eu des doutes sur sa provenance après l’avoir examiné avec des programmes permettant de récupérer les données.

Il a expliqué qu’il avait utilisé un logiciel de base pour récupérer les données et a estimé avoir obtenu environ la moitié des informations contenues dans le disque dur.

Le citoyen dit avoir ainsi retrouvé environ 10 Go de données sur le disque dur de 30 Go, incluant 6000 photos, des tableaux avec les noms et les coordonnées des membres du personnel militaire et de leurs proches ainsi que des formulaires pour autorisation d’attestation de sécurité.

Selon M. Stevens, les dossiers contenus dans le disque dur proviendraient des années 1999 à 2005.

Les autorités militaires ont quant à elles récupéré le disque dur vendredi.

Le major Martell Thompson, porte-parole des Forces armées canadiennes, a indiqué que les enquêteurs étaient maintenant à examiner la nature des informations contenues dans le disque dur.

Le porte-parole a déclaré qu’il s’agissait d’un incident «hautement inhabituel», des protocoles implantés en 2008 exigeant que les disques durs soient détruits quand ils ne sont plus utilisés, mais les Forces armées canadiennes à Halifax n’en sont pas à leur première brèche de sécurité.


C’est justement à la suite des atteintes à la sécurité survenues au centre de renseignement militaire de la côte Est et à la base des Forces armées canadiennes à Halifax que Peter Stevens a finalement décidé de passer en revue les centaines de dossiers récupérés

On a appris en effet le 5 janvier qu’entre 2004 et 2009 un web-designer travaillant au NCSM Trinity avait utilisé les réseaux du Ministère de la Défense pour stocker de manière inapproprié des dossiers secrets. D’après le commandant des Forces maritimes Atlantique de la Marine royale canadienne, une brèche de sécurité au sein de l’unité top-secrète NCSM Trinity serait du à de l’«imprudence» et non de la «malice».

C’est aussi à Halifax qu’avait sévit l’enseigne de vaisseau de 1ère classe Jeffrey Paul Delisle qui avait été condamné à 20 ans de prison, en février 2013, après avoir copié des documents secrets contenus dans son ordinateur et les avoir vendus à la Russie, entre 2007 et 2012. Il a touché environ 3.000 $ par mois pour des disquettes et des clés USB contenant des renseignements secrets.

C’est dans la capitale de la Nouvelle-Écosse qu’est basée l’unité qui suit le déplacement des navires qui entrent et sortent des eaux canadiennes et traite aussi des informations provenant d’autres pays de l’OTAN.

Le contre-amiral John Newton, commandant des Forces maritimes Atlantique (MARLANT), a confirmé plus tôt cette semaine qu’il y avait eu cinq atteintes à la sécurité qui seraient due à de l’«imprudence» et non de la «malice» dans un réseau informatique militaire de l’école de la marine située sur la base des Forces armées canadiennes à Halifax.

Alors, incident inhabituelle ou série noire?

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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