Burkina: au moins 20 morts dans une attaque djihadiste à Ouagadougou

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La façade de l'hôtel Splendid, à Ouagadougou, a été touché par des tirs d'hommes armés, vendredi.
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La façade de l'hôtel Splendid, à Ouagadougou, a été touché par des tirs d'hommes armés, vendredi.
La façade de l’hôtel Splendid, à Ouagadougou, a été touché par des tirs d’hommes armés, vendredi.

Un commando djihadiste a mené vendredi soir une attaque sanglante sur un restaurant et un hôtel de Ouagadougou fréquentés par des Occidentaux, faisant au moins une vingtaine de morts et prenant des otages, une opération revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique moins de deux mois après une attaque similaire au Mali.
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Mise à jour au 15/01/2016 à 23h14

Attaque Ouagadougou: 30 personnes sorties indemnes, 33 blessés évacués, assaut des forces de sécurité en cours.

à 21h29

Le hall de l’hôtel Splendid de Ouagadougou, cible d’une attaque djihadiste depuis 19h45, était en feu à 01H00 du matin (locale et GMT) et des cris en provenance de l’hôtel pouvaient être entendus, a constaté un journaliste de l’AFP à proximité de l’établissement.

Des hommes armés étaient toujours retranchés dans l’hôtel à 23h30, selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères Alpha Barry qui a signalé la présence d’otages et déclaré qu’un assaut était en préparation.

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Vers 01h00 (locale et GMT), le hall de l’hôtel Splendid, établissement de luxe du centre de la capitale burkinabè où plusieurs assaillant étaient retranchés était en feu et des cris en provenance de l’intérieur étaient entendus, selon un journaliste de l’AFP à proximité. Les pompiers sont ensuite intervenus pour tenter de maîtriser les flammes.

Un nombre inconnu de clients et membres du personnel se trouvaient encore dans cet établissement de 147 chambres, fréquemment utilisé par des Occidentaux et par du personnel des agences onusiennes.

Des contrôles de sécurité étaient en place à l’entrée, mais n’ont pu empêcher l’irruption des assaillants vers 19H45, quand des tirs nourris et des détonations ont éclaté.

Également visé, un restaurant voisin, le Cappuccino, également prisé de la clientèle expatriée, dont l’attaque a fait « plusieurs morts », selon un employé joint par l’AFP.

Le directeur du principal hôpital de Ouagadougou faisait état d’un premier bilan global d’au moins « une vingtaine de morts ».

Un journaliste de l’AFP a pu distinguer au début de l’attaque trois hommes armés et enturbannés, un témoin indiquant de son côté avoir vu quatre assaillants « enturbannés et de type arabe ou blanc ».

Forces de l’ordre et secours ont bouclé le quartier, alors que le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, évoquait un assaut en préparation sur l’hôtel avec un appui des forces étrangères, notamment des forces spéciales françaises, présentes au Burkina.

Les États-Unis, qui disposent également de 75 militaires dans le pays, engagé dans la lutte anti-jihadiste au Sahel, ont indiqué apporter un soutien aux forces françaises autour de l’hôtel.

L’attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste AQMI, qui l’a attribuée au groupe islamiste Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

L’ambassade de France a évoqué très rapidement une « attaque terroriste », mettant en place un numéro d’urgence pour la communauté française alors que le vol Air France Paris-Ouagadougou a été dérouté vers le Niger voisin.

Cette attaque inédite dans la capitale burkinabè constitue un défi pour le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré, récemment élu après une transition souvent chaotique à la tête de ce pays à la population majoritairement musulmane (60%).

Le Burkina, « point d’appui permanent » de l’opération française Barkhane, a par contre déjà été la cible d’opérations jihadistes.

Une première attaque avait d’ailleurs eu lieu vendredi après-midi dans le nord du pays, près de la frontière malienne, au cours de laquelle un gendarme et un civil ont été tués, a indiqué dans la soirée l’armée burkinabè.

Plusieurs attaques de ce type ont eu lieu ces derniers mois, et en avril dernier, le chef de sécurité roumain de la mine de manganèse de Tambao (nord), a été enlevé, action revendiquée par Al-Mourabitoune.

L’opération de vendredi survient un peu moins de deux mois après celle de l’hôtel Radisson Blu à Bamako. Le 20 novembre, une attaque jihadiste avait fait 20 morts dont 14 étrangers dans la capitale malienne, où des hommes armés avaient retenu en otage pendant plusieurs heures environ 150 clients et employés, avant une intervention des forces maliennes, appuyées par des forces spéciales françaises et américaines et des agents de l’ONU. Deux assaillants avaient été tués.

L’opération de Bamako a été revendiquée par deux groupes jihadistes: le 20 novembre par Al-Mourabitoune et le 22 novembre par le Front de libération du Macina (FLM, mouvement jihadiste malien).

Après ces attaques, les services consulaires français au Burkina avaient étendu la « zone rouge » déconseillée aux voyageurs à une large partie du Burkina sans y faire figurer Ouagadougou. Elles avaient toutefois conseillé des mesures de prudence, des sources sécuritaires évoquant l’hypothèse d’une attaque djihadiste dans la région.