La Turquie boycottera les négociations sur la Syrie si les Kurdes de Syrie du PYD sont invités

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu le 18 septembre 2014 à Berlin (Archives/Maja Hitji/AFP)
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Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu le 18 septembre 2014 à Berlin (Archives/Maja Hitji/AFP)
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu le 18 septembre 2014 à Berlin (Archives/Maja Hitji/AFP)

La Turquie ne participera pas aux pourparlers de paix sur la Syrie qui doivent débuter vendredi à Genève si les Kurdes syriens du Parti de l’union démocratique (PYD) y participent, a prévenu mardi son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

« Si le PYD est invité aux négociations de Genève, alors bien sûr nous boycotterons » la réunion, a déclaré M. Cavusoglu lors d’un entretien à la chaîne d’information NTV, rappelant que ce parti était considéré par Ankara comme une « organisation terroriste ».

« Quelle serait la qualité du PYD autour de la table ? Est-ce qu’une organisation terroriste peut-être considérée comme représentative du peuple ? (…) ces négociations réunissent le régime et l’opposition, pas les organisations terroristes », a-t-il insisté.

Auparavant, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait refusé « catégoriquement » la présence du PYD et des YPG aux discussions de Genève.

La Turquie considère le PYD et ses milices des YPG (Unités de protection du peuple) comme directement affiliées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 la rébellion sur le sol turc.

Les YPG constituent l’un des fers de lance de la lutte contre le groupe État islamique (EI) sur le sol syrien. Elles occupent une large bande de l’extrême nord du territoire syrien le long de la frontière turque.

Dans le cadre de la coalition militaire antijihadiste, les Américains fournissent armes et assistance aux Kurdes de Syrie. Mais les Turcs y sont farouchement opposés, redoutant qu’ils n’étendent leur influence le long de la frontière turco-syrienne.

Les pourparlers entre l’opposition syrienne et le régime de Damas, sous l’égide de l’ONU, devaient commencer lundi mais ont été reportés en raison d’un blocage sur la composition des délégations.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé mardi que ces discussions ne pourraient donner « aucun résultat » si le PYD n’était pas invité à Genève. La Russie constitue avec l’Iran le dernier soutien au président syrien Bachar al-Assad.

Le gouvernement islamo-conservateur turc a rejoint la coalition antijihadiste mais a fait de son combat contre le PKK sa priorité.