Les forces spéciales canadienne au Sénégal en février pour l’exercice antiterroriste FLINTLOCK 2016

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Un membre du Régiment d'opérations spéciales du Canada enseigne à un sergent comment utiliser correctement un inclinomètre pour déterminer la vitesse du vent, à Agadez, au Niger, le 21 février 2014. (Archives/Spc. Timothy Clegg/US Army)
Un membre du Régiment d’opérations spéciales du Canada enseigne à un sergent comment utiliser correctement un inclinomètre pour déterminer la vitesse du vent, à Agadez, au Niger, le 21 février 2014. (Archives/Spc. Timothy Clegg/US Army)

Quelque 100 soldats, la plupart d’entre eux des forces spéciales de Petawawa, se rendront au Sénégal pour participer à l’exercice antiterroriste pour les commandos africains FLINTLOCK 2016, dirigé par le U.S. Africa Command, qui débutera le 8 février pour se terminer à la fin du mois.

La participation du Canada à cet exercice annuel était bien sûr prévu avant l’attaque du 15 janvier d’AQMI au Burkina Faso, où six humanitaires de la région de Québec, dont quatre de la même famille, ont été tués par un commando d’Al Mourabitoune, un groupe terroriste lié à AQMI, mais les militaires canadiens ne cachent pas que l’exercice prend un relief particulier alors qu’Al-Qaida et d’autres groupes extrémistes tentent d’étendre leur influence en Afrique.

Vingt-huit personnes sont mortes et 54 ont été blessées lorsque des assaillants armés ont saisi des otages à l’Hôtel Splendid au centre-ville de la capitale burkinabè, Ouagadougou, et ont attaqué un café-restaurant voisin, le Cappuccino, à la terrasse duquel étaient attablés les six Québécois venus y prendre un dernier verre avant leur départ.

Ce sont des troupes du U.S Africa Command qui ont soutenu, avec leurs collègues français, l’armée du Burkina Faso, lors de l’attaque. Les troupes américaines ont agi principalement comme conseillers et ont aussi fourni des services de renseignements aux forces du Burkina Faso ainsi qu’à l’armée française.

Les soldats du Burkina Faso et les forces spéciales françaises ont pour leur part mis fin à l’attaque et mené l’assaut contre l’Hôtel Splendid où s’étaient retranchés les assaillants. Les forces spéciales ont tué les djihadistes armés et libéré au moins 126 otages.

AQMI, le groupe à l’origine des attaques de Ouagadougou, finance ses opérations grâce à des enlèvements et au trafic d’armes et de drogue.Les diplomates canadiens Robert Fowler et Louis Guay avaient été détenus par AQMI après avoir été enlevés en décembre 2008. Ils ont été libérés 130 jours plus tard. Aujourd’hui, AQMI est engagé dans une compétition avec le groupe armé État islamique et c’est à qui commettra les attentats les plus spectaculaires et les plus sanglants.


Devant le danger croissant, les pays occidentaux essaient donc plus que jamais de renforcer les capacités des forces armées africaines à combattre les groupes extrémistes islamistes.

Le Commandement des Forces d’opérations spéciales précise que l’exercice « de renforcement des capacités de lutte contre le terrorisme » est destiné à fournir aux troupes de pays africains une « variété de compétences », allant du tir à la communication, en passant par la planification de mission, les premiers secours, l’aide médicale et le soutien aux populations civiles.

Plus de 1700 militaires de divers pays occidentaux et africains sont attendus cette année pour participer à l’exercice FLINTLOCK qui sera dirigé, comme tous les ans, par le U.S. Africa Command.

La liste des participants à l’exercice FLINTLOCK cette année n’est pas encore définitive, mais, les années précédentes, les forces spéciales de l’Algérie, le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, le Canada (le Régiment d’opérations spéciales du Canada), la Tunisie, l’Italie, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni, et les Etats-Unis avaient pris part à l’exercice.

Cette année, du côté canadien, des membres de l’Aviation royale canadienne, du personnel médical des Forces armées canadiennes et, bien sûr, les forces spéciales prendront part à Flintlock 2016 où elles feront équipe avec les troupes du Niger où elles s’étaient entraînées l’an dernier.

Le danger en Afrique est bien réel et, l’an dernier près avoir essuyé le feu des djihadistes de l’État islamique sur la ligne de front en Irak, nos Forces spéciales canadiennes s’étaient retrouvés dangereusement près des combattants du redoutable groupe islamiste Boko Haram en Afrique, alors qu’ils s’entraînaient à la périphérie de la ville de Diffa avec les troupes du Niger en préparation «à l’exercice FLINTLOCK 15, dirigé alors par le Tchad.

Les troupes canadiennes n’avaient pas été impliqués dans les combats dans la ville de Diffa, qui se trouve sur la frontière avec le Nigeria, mais elles risquaient à tout moment d’être plongées en pleine tourmente alors que le groupe djihadiste multipliaient les attaques contre la ville.

Les soldats du Régiment d’opérations spéciales ou ROSC étaient autorisés à se défendre mais pas à prendre part au combat.

Alors qu’il devenait de plus en plus difficile de mener la mission de formation et que la situation sécuritaire ne cessait de se détériorer, les officiers canadiens des forces spéciales avaient alors pris la décision de plutôt poursuivre la mission dans d’autres parties du pays.

La participation du Canada aux exercices FLINTLOCK n’a cessé de croître au fil des ans. Le Canada avait lors de sa première participation en 2011 envoyé 14 soldats du Régiment des opérations spéciales, basé à Petawawa, en 2011. Cette année là, les canadiens avaient eu pour mission de former au Sénégal des troupes de l’armée du Mali.


Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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