Réfugiés: Alexander réfute les accusations d’arbitraire, c’était «le besoin humanitaire» qui primait

0
Le ministre canadien de l'Immigration, Chris Alexander, annonce vendredi 29 mai 2015, des changements majeurs à la Loi renforçant la citoyenneté canadienne. (@MinChrisA/compte Twitter)
Le ministre canadien de l’Immigration, Chris Alexander, en mai 2015, alors qu’il était ministre de l’Immigration et de la citoyenneté dans le gouvernement Harper. (@MinChrisA/compte Twitter)

L’ancien ministre de l’Immigration Chris Alexander défend l’approche adoptée par son gouvernement pour relocaliser les réfugiés syriens, niant les allégations selon lesquelles les conservateurs avaient sélectionné soigneusement des dossiers en priorisant certaines minorités ethniques et religieuses, rapporte aujourd’hui la Presse Canadienne.

Le ministre Alexander ne se porte pas à la défense d’une sélection qui aurait été faite sur une base confessionnelle, ce qui, même pour lui serait sans doute indéfendable. Il nie simplement que son gouvernement ait pu agir ainsi.

Hier, des documents déposés à la Chambre des communes en réponse à une question du Nouveau Parti démocratique (NPD) semblaient confirmer les accusations d’avoir faussé le processus de sélection des réfugiés syriens portées lors de la dernière campagne électorale contre le gouvernement conservateur sortant.

Tous les pays travaillant avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en lien avec la crise humanitaire en Syrie ont fonctionné selon un processus accepté d’avance qui établissait les critères de sélection pour choisir les réfugiés, a déclaré l’ex ministre conservateur.

Le principe de base était d’aider les plus vulnérables, mais des priorités additionnelles ont dû être appliquées, a-t-il ajouté. Et c’est ce que le Canada a fait, maintient-il.

M. Alexander, battu aux élections du 19 octobre octobre qui ont vu son parti passer du pouvoir à l’opposition, était responsable de l’Immigration dans le gouvernement harper quand celui-ci a annoncé en janvier 2015 qu’ils augmenteraient le nombre de réfugiés syriens qui seraient accueillis par le Canada, le faisant passer de 1300 à 10 000, ajoutant toutefois qu’ils se concentreraient sur les membres de minorités ethniques et religieuses, suscitant ainsi des accusations de préjugés contre les musulmans et de violation des règles établies par l’ONU.

Les Nations unies avaient demandé spécifiquement et clairement aux pays de ne pas se servir de la religion comme facteur pour déterminer qui accepter comme réfugiés.

Les documents déposés à la Chambre des communes cette semaine révélaient en réponse à une question du Nouveau Parti démocratique que les agents de visa qui travaillaient au Liban et en Jordanie avaient reçu instruction de choisir les cas en fonction d’«axes prioritaires» et ont traité ceux-ci plus rapidement, alors que les autres cas restaient en attente.

M. Alexander maintient aujourd’hui que l’appartenance à telle ou telle religion n’était pas considérée isolément des autres facteurs , mais était plutôt un élément dans l’évaluation globale, fournissant pour appuyer la justesse de l’approche de son gouvernement un document du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies où il est bien écrit que « Les réfugiés qui font face à des menaces sérieuses à leur sécurité physique, en particulier en raison de leurs opinions politiques ou parce qu’ils appartiennent à un groupe ethnique ou religieux, peuvent aussi être priorisés[ page 1, dernier paragraphe, Who can benefit from resettlement and humanitarian admission?, NDLR]. »

Loin de tenter de justifier une sélection qui aurait été surtout faite sur une base confessionnelle, ce qui aurait été contraire à l’éthique, le ministre Alexander nie, tout simplement. Alors que son chef avait déclaré en campagne électorale que cette approche amènerait au Canada des réfugiés surtout chrétiens, plus proches de nous culturellement et plus faciles à intégrer, le ministre Alexander affirme aujourd’hui que, non, « Le principe que [son gouvernement]a favorisé était le besoin humanitaire », pas l’appartenance religieuse.

Qui qu’il en soit, au moment d’écrire ces lignes, 15 000 réfugiés étaient arrivés au Canada. pour ce qui est de savoir de quelle confessioin religieuse ils sont, le ministère de l’Immigration n’est pas quant à lui en mesure de fournir des statistiques sur la religion et l’origine ethnique des réfugiés admis au Canada, puisqu’il qu’il ne recense pas ces informations.


Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.