Réfugiés: les conservateurs auraient voulu contourner les règles de l’ONU et fausser le processus de sélection

Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)
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Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)
Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)

Des documents récemment dévoilés confirment les accusations d’avoir faussé le processus de sélections des réfugiés syriens portées lors de la dernière campagne électorale contre le gouvernement conservateur sortant, rapporte aujourd’hui la Presse Canadienne.

Le gouvernement Harper voulait élargir son programme de réinstallation des réfugiés l’hiver dernier, mais avec une attention particulière sur les minorités ethniques et religieuses, écrit l’agence de presse.

Cette décision était controversée, étant donné que les Nations unies ne font pas le choix de réfugiés en fonction de tels critères.

Des documents déposés à la Chambre des communes en réponse à une question du Nouveau Parti démocratique (NPD) montrent de quelle manière les conservateurs ont contourné les règles.

Des responsables des visas à Beyrouth et Amman ont été avisés d’examiner les dossiers reçus de l’ONU et d’identifier les minorités ethniques et religieuses. Ces dossiers de minorités ethniques et religieuses faisaient ensuite l’objet d’un traitement accéléré, tandis que d’autres étaient traités de façon régulière, un processus qui a eu cours jusqu’en novembre.

Ce scandale d’un traitement privilégié pour certaines minorités chrétiennes, sans égard à l’urgence de la situation des individus concernés, avait éclaté une première fois en pleine campagne électorale quand les adversaires du gouvernement sortant l’avait vilipendé pour avoir ordonnée la suspension du traitement des dossiers de certains demandeurs d’asile syriens en pleine crise des réfugiés.

Les médias canadiens avaient alors rapporté que le traitement de certains dossiers des réfugiés syriens avait été suspendu en juin, par ordre du Conseil privé.

Le Bureau du Conseil privé (BCP) est l’organisme central de la fonction publique qui appuie le Premier ministre jouant le rôle de conseiller du Premier ministre, secrétaire du Cabinet et assumant le leadership au sein de la fonction publique.

Stephen Harper avait alors nié et défendu les actions du Bureau du premier ministre, et assurant que «Le personnel politique n’est jamais impliqué dans le processus [de tri des immigrants,ndlr]».