Six humanitaires de Québec tués dans les attentats de Ouagadougou revendiqués par AQMI

La façade de l'hôtel Splendid, à Ouagadougou, a été touché par des tirs d'hommes armés, vendredi.
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Des forces spéciales françaises aux abords de l'hôtel Splendid à Ouagadougou, le 16 janvier 2016. (AFP/OUOBA_AHMED)
Des forces spéciales françaises aux abords de l’hôtel Splendid à Ouagadougou, le 16 janvier 2016. (AFP/OUOBA_AHMED)

Triste semaine pour le Canada: après le Lavallois de 70 ans mort dans l’attentat terroriste revendiqué par AQMI mené jeudi à Jakarta en Indonésie, le premier ministre Trudeau a annoncé aujourd’hui que six Canadiens sont morts dans l’attaque terroriste de Ouagadougou, au Burkina Faso, revendiquée par AQMI qui a fait 29 victimes vendredi soir.

Les six Canadiens tués dans les attentats de Ouagadougou étaient des résidents de la région de Québec qui étaient partis au mois de décembre pour faire de l’aide humanitaire en Afrique, rapporte de son côté le quotidien Le Soleil de Québec. Ils travaillaient avec une congrégation religieuse et le Centre Amitié de solidarité internationale de la région des Appalaches (CASIRA).

Le groupe était composé notamment d’une famille qui résidait à Lac-Beauport, le père, Yves Carrier, un professeur à la retraite, et sa conjointe Gladys Chamberland, qui travaillait au ministère des Ressources naturelles et de la Faune, et leurs enfants, Maude Carrier (belle-fille de Gladys), une enseignante de 37 ans et Charlelie Carrier, un jeune homme de 19 ans qui était toujours aux études. Les deux autres personnes avec eux étaient des proches de la famille, soit Louis Chabot et Suzanne Bernier, précise aussi le quotidien.

Sur les six voyageurs, trois d’entre eux, Gladys Chamberland, Maude Carrier (37 ans) et Louis Chabot, devaient être de retour au Canada samedi après-midi, après trois semaines de bénévolat. C’est quelques heures avant de prendre l’avion qu’ils ont perdu la vie, alors que quatre djihadistes liés au groupe extrémiste Al-Qaida ont attaqué un hôtel et un café, écrit le journaliste du Soleil, Jean-Michel Genois Gagnon, qui a été en contact avec les familles des victimes.

Les trois autres personnes devaient aussi revenir au pays au cours des prochains jours.



Par ailleurs, des corps n’ont pas encore été identifiés et des employés de l’ambassade du Canada à Ouagadougou travaillent encore actuellement avec les autorités locales afin de déterminer si d’autres Canadiens seraient parmi les victimes des terroristes qui ont fait irruption dans un hôtel de la capitale. l’Hôtel Splendid, fréquenté par les Occidentaux.

Le premier ministre canadien a condamné avec la plus grande fermeté les attentats terroristes survenus à Ouagadougou, au Burkina Faso, au cours duquel au moins 29 personnes ont été tuées et une trentaine blessées dans une attaque djihadiste revendiqué qui a visé un hôtel et un restaurant de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, selon un bilan officiel donné samedi soir par le ministère de la Sécurité burkinabè.

« Le Canada condamne au plus haut point les attentats terroristes meurtriers survenus à Ouagadougou, au Burkina Faso », a déclaré le premier ministre. « Au nom de tous les Canadiens, nous offrons nos plus profondes condoléances aux familles, aux amis et aux collègues de toutes les personnes tuées, ainsi qu’un prompt rétablissement à toutes celles qui ont été blessées. Nous sommes profondément attristés par ces gestes insensés de violence contre des civils innocents », a-t-il ajouté avant de conclure son message en précisant que le Canada avait « offert aux autorités burkinabées de les assister au cours de l’enquête sur ce crime terrible »

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et la ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau, ont pour leur part déploré vivement dans une déclaration commune ce « acte qui menace la sécurité des civils, y compris ceux [travailleurs humanitaires et bénévoles, NDLR] qui œuvrent à améliorer la vie des personnes vulnérables partout dans le monde. Travaillant dans des situations difficiles et dangereuses, ils déploient des efforts pour établir des liens durables entre les peuples et bâtir un monde meilleur, et jamais on ne pourra mettre fin à ces efforts.

Mokhtar Belmokhtar derrière l’attentat de Ouagadougou

L’attaque de Ougadougou a été revendiquée dans la nuit par le groupe djihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui l’a attribuée au groupe Al-Mourabitoune du chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

C’est aussi AQMI qui avait enlevé les diplomates canadiens Louis Guay et Robert Fowler, en 2008.

Ce n’est pas la première fois que Belmokhtar est à l’origine de la mort de Canadiens. C’est le djihadiste algérien qui était derrière l’attaque du complexe gazier d’In Amenas en Algérie en janvier 2013, durant laquelle au moins 38 otages de dix pays avaient été tués et dans laquelle deux jeunes Canadiens figuraient parmi les ravisseurs islamistes tués lors de l’assaut des forces algériennes contre le complexe où ils s’étaient retranchés avec les otages.

Belmokhtar, s’est rendu célèbre pour des opérations aussi sanglantes que spectaculaires dans le Sahel.

Ancien cadre d’Aqmi, l’homme de 43 ans, donné pour mort à de multiples reprises – notamment en avril 2013 et juin 2015, lorsqu’il a été la cible déclarée d’une frappe américaine en Libye court toujours.

Les États-Unis ont mis sa tête à prix pour cinq millions de dollars. Régulièrement soupçonné de séjourner sur le territoire libyen, Mokhtar Belmokhtar, qui  milite pour une grande coalition avec les djihadistes du Niger, du Tchad et de Libye.  est l’un des chefs islamistes extrémistes les plus recherchés au Sahel.