Syrie: 44 civils tués par des raids russes sur des zones tenues par l’EI

Deux bombardiers Sukhoi Su-24 près de Latakia le 16 décembre 2015. (AFP/Paul GYPTEAU)
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Deux bombardiers Sukhoi Su-24 près de Latakia le 16 décembre 2015. (AFP/Paul GYPTEAU)
Deux bombardiers Sukhoi Su-24 près de Latakia le 16 décembre 2015. (AFP/Paul GYPTEAU)

Au moins 44 civils ont péri mercredi dans des frappes russes sur des zones tenues par le groupe Etat islamique (EI) dans le nord et l’est de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

D’après ce bilan établi jeudi, 29 civils dont trois enfants et neuf femmes ont péri dans des raids sur plusieurs villages contrôlés par l’EI dans la province de Deir Ezzor (est) et sur un quartier de la ville éponyme. « Les frappes ont également fait des dizaines de blessés », selon l’ONG.

En outre, 15 civils, dont cinq petits frères, ont été tués par l’aviation russe qui a visé la ville d’Al-Bab, bastion de l’EI dans la province septentrionale d’Alep, et ses environs.

Située à 30 km au sud de la frontière turque, Al-Bab est tombée aux mains des rebelles en juillet 2012 puis de l’EI en novembre 2013.

Soutenue par son allié russe, l’armée du régime syrien ne se trouve plus selon l’OSDH qu’à 8 km d’Al-Bab, un des principaux fiefs de l’organisation ultraradicale dans cette province. Il s’agit d’une distance que les troupes loyalistes n’avaient plus atteinte depuis 2012.


L’aviation russe « parachute » une bombe sur la ville d’Al-Bab en janvier 2016 dans sa lutte contre l’EI, faisant du même coup de nombreuses victimes civiles. (Vidéo/Œil sur le monde)

La Russie mène une intense campagne de bombardements en Syrie depuis le 30 septembre pour venir en aide au régime de son allié Bachar al-Assad. Elle est souvent critiquée par les rebelles et l’Occident qui l’accusent de viser des groupes non djihadistes et de faire des victimes civiles.

Les frappes russes ont fait plus de 3.000 morts, dont près de 40% de civils, outre des centaines de djihadistes de l’EI et du Front al-Nosra (branche d’Al-Qaïda en Syrie) ainsi que des combattants rebelles, selon un bilan de l’OSDH qui se base sur un large réseau de sources sur le terrain en Syrie.

L’ONG affirme pouvoir distinguer les frappes menées par l’aviation du régime, de la coalition ou de la Russie selon le type d’avions utilisés ou les munitions.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé mardi que l’intervention menée par son pays avait permis de « renverser la situation ».