Syrie: des négociations sans les Kurdes ne peuvent pas «donner de résultats» selon Lavrov

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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavorv, a déclaré le 7 septembre 2015 en réponse aux inquiétudes américaines que la Russie ne cache pas ses livraison d'armes au régime de Damas. (AFP/Kirill Kudryavtsev)
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavorv.(AFP/Kirill Kudryavtsev)

Les négociations prévues à Genève entre opposants et représentants du régime syrien ne pourront pas « donner de résultat » si le principal parti kurde syrien n’est pas invité, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse à Moscou.

« Sans ce parti, sans ses représentants, les négociations ne peuvent pas donner le résultat que nous voulons, à savoir un règlement politique définitif » du conflit syrien, a déclaré M. Lavrov.

Si le Parti de l’union démocratique (PYD) de Saleh Muslim n’était pas invité, la Russie n’imposerait pas pour autant son « veto » aux pourparlers de paix qui doivent débuter vendredi à Genève sous l’égide de l’ONU, a-t-il toutefois précisé.

Mardi, la Turquie a de nouveau refusé « catégoriquement que le PYD et les YPG (Unités de protection du peuple, les milices combattantes du PYD) soient assis autour de la table » des négociations à Genève, selon les mots du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

Soutenu militairement par les Etats-Unis, le PYD, et sa branche armée les YPG, combattent les jihadistes de l’Etat islamique. Le principal parti kurde syrien est considéré par la Turquie comme une branche du PKK turc, organisation terroriste aux yeux d’Ankara.

Les pourparlers entre l’opposition syrienne et le régime de Damas, poussées depuis plusieurs mois par Moscou et Washington, devaient initialement commencer lundi mais ont été reportées en raison d’un blocage sur la composition des délégation.

Les invitations à ces discussions seront envoyées mardi par l’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. Ce dernier avait refusé lundi de donner des détails sur les personnes et les groupes invités à Genève.

Mais la coalition de l’opposition syrienne, la principale composante de l’opposition en exil formée le mois dernier à Ryad et qui compte parmi elles d’importantes factions rebelles armées, a formé une délégation pour Genève excluant le PYD et d’autres figures de l’opposition.

La Russie, pays allié du régime de Bachar al-Assad, a cherché à faire participer certains de ces responsables aux pourparlers soit dans le cadre d’une délégation élargie soit d’une délégation parallèle.

Mais la coalition de l’opposition a accusé Moscou de chercher à inclure des personnalités proches du régime et a menacé de boycotter les négociations si d’autres représentants de l’opposition y étaient invités.

Les pourparlers de Genève doivent porter sur la feuille de route établie en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU qui prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les 6 mois et des élections dans les 18 mois.

La guerre civile en Syrie, qui dure depuis cinq ans, a déjà donné lieu à deux séries de négociations à Genève, appelées Genève 1 et Genève 2, mais qui n’ont débouché sur aucun résultat.

Ces pourparlers ne « sont pas un Genève 3 », a prévenu M. de Mistura, espérant que ce sera « une success story à la genevoise ».