Syrie: seize autres personnes mortes de faim à Madaya assiégée, annonce MSF

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Madaya: la coalition gouvernementale syrienne continue de bloquer l’approvisionnement de la ville en matériel médical et médicaments, dénonce MSF (Robin Meldrum/MSF)
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Madaya: la coalition gouvernementale syrienne continue de bloquer l’approvisionnement de la ville en matériel médical et médicaments, dénonce MSF (Robin Meldrum/MSF)
Madaya: la coalition gouvernementale syrienne continue de bloquer l’approvisionnement de la ville en matériel médical et médicaments, dénonce MSF (Robin Meldrum/MSF)

Seize autre personnes sont mortes de faim dans la ville syrienne de Madaya (ouest), assiégée par les forces prorégime, depuis que des convois humanitaires y sont entrés mi-janvier, dénoncé aujourd’hui Médecins sans frontières (MSF).

Les cas de malnutrition sont estimés à 320 dont 33 patients en « danger de mort », a par ailleurs précisé l’organisation humanitaire en déplorant que « des gens continuent à mourir de faim » à Madaya.

Début janvier, MSF annonçait que vingt-trois personnes étaient mortes de faim depuis le 1er décembre dans la ville assiégée.

Mi-janvier, les humanitaires ont enfin pu porter secours à la population affamée, mais, depuis, le bilan des morts sa continué à grimper.

« MSF a des rapports médicaux clairs indiquant que 46 personnes sont mortes d’inanition à Madaya depuis le 1er décembre », a indiqué samedi l’organisation, ajoutant que « Le bilan est certainement plus lourd car il existe des informations selon lesquelles des habitants seraient morts de faim dans leurs maison ».

Les habitants de la ville syrienne assiégée de Madaya continuent donc de mourir de faim en dépit des convois d’aide humanitaire, car la coalition gouvernementale menée par la Syrie continue de bloquer l’approvisionnement de la ville en matériel médical et médicaments indispensables, dénonce MSF.

«Il est totalement inacceptable que les gens continuent de mourir de faim, et que les patients dans un état critique soient toujours dans la ville alors qu’ils auraient dû être évacués il y a des semaines», a déclaré vendredi Brice de le Vingne, directeur des opérations de MSF, dans un communiqué de l’organisation humanitaire.

En outre, toujours selon MSF, Les travailleurs de santé soutenus par l’organisation rapportent désormais des cas de malnutrition dans d’autres villes du pays, y compris à Moadamiyah, au sud-ouest de Damas.

L’organisation caritative et humanitairte estime qu’entre 1,5 et 2 millions de personnes sont prises au piège dans les sièges imposés par la coalition gouvernementale menée par la Syrie, ainsi que par les groupes d’opposition. Dans bon nombre de ces endroits, dit l’organisation dans son communiqué, les évacuations médicales sont bloquées et le matériel médical, les médicaments et la nourriture thérapeutique sont fréquemment arrêtés aux check points. Par conséquent, les équipes médicales de ces zones ne peuvent tout simplement pas faire face aux demandes qu’elles rencontrent. La situation est encore pire à Madaya où il n’y a plus de médecins.

Alors que les pourparlers de paix intersyriens débutaient vendredi à Genève sous l’égide de l’ONU pour mettre fin à cinq ans de guerre, les agences humanitaires et leurs partenaires ont d’ailleurs réitéré leur demande d’un accès sans entrave à plus de quatre millions de personnes démunies réparties dans 18 zones assiégées du pays.

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU a déploré cette semaine que 75% de ses demandes d’accès pour délivrer une aide humanitaire aient été ignorées par le gouvernement syrien.

La guerre civile en Syrie a débuté en mars 2011 avec des manifestations pacifiques pour davantage de démocratie réprimées dans le sang par le régime du président Assad. Le conflit est devenu de plus en plus complexe avec une multiplication des acteurs et a fait 260.000 morts et des millions de déplacés.

*Avec AFP