Washington veut enrôler les géants de l’internet contre le djihadisme

L'objectif de cette alliance inédite des trois grands concurrents du web est de contrer la déferlante de vidéos de propagande qui, en jouant sur des mythes de justice et d'héroïsme, cherchent à embrigader des jeunes gens pour les convaincre de partir en Syrie ou en Irak (Archives/Thomas Coex/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
L'objectif de cette alliance inédite des trois grands concurrents du web est de contrer la déferlante de vidéos de propagande qui, en jouant sur des mythes de justice et d'héroïsme, cherchent à embrigader des jeunes gens pour les convaincre de partir en Syrie ou en Irak (Archives/Thomas Coex/AFP)
Trois grands concurrents du web, Google, Facebook et Twitter, sétaient déjà alliés en mai 2015 pour contrer la déferlante de vidéos de propagande qui, en jouant sur des mythes de justice et d’héroïsme, cherchent à embrigader des jeunes gens pour les convaincre de partir en Syrie ou en Irak (Archives/Thomas Coex/AFP)

Les plus hauts responsables de la sécurité des États-Unis ont mis le cap vendredi vers la Silicon Valley pour étudier avec les géants de l’internet comment riposter à la large utilisation par le groupe État islamique des réseaux sociaux.

Apple, Facebook, Google et Twitter ont chacun confirmé à l’AFP leur participation à cette réunion au sommet, à San José, qui traite notamment du cryptage des données, dont se plaignent les agences américaines de lutte contre le terrorisme.

Selon le programme officiel de la rencontre, transmis de façon anonyme à l’AFP par l’un des participants, sont également présents le réseau social professionnel LinkedIn, la plateforme de stockage Dropbox ainsi que Microsoft et YouTube. Apple est représenté par son patron, Tim Cook.

Du côté du gouvernement, ont été dépêchés depuis Washington la ministre de la Justice Loretta Lynch, le chef du FBI James Comey, le patron du renseignement James Clapper ou encore le directeur de l’Agence nationale de sécurité (NSA) Michael Rogers.

Le président américain Barack Obama est lui directement représenté par le secrétaire général de la Maison Blanche, Denis McDonough, ainsi que par plusieurs de ses conseillers spécialisés dans les sujets de sécurité.

Parmi les thèmes de la journée figure la question suivante: « Comment compliquer la tâche des terroristes qui se servent de l’internet pour recruter, radicaliser et mobiliser des partisans pour commettre des actes violents? »

Ou encore: « Comment aider des tierces personnes à créer, publier et promouvoir des contenus endiguant (la propagande) de l’État islamique? ».

Les appels à contrer l’activité des jihadistes sur les réseaux sociaux se sont intensifiés aux Etats-Unis après les attaques perpétrées en novembre à Paris et le mois suivant en Californie.

Mais les nouvelles mesures envisagées se heurtent à divers principes, dont la liberté d’expression, la protection de la vie privée ou la confiance des consommateurs dans les sociétés des nouvelles technologies.

Le chef du FBI n’a pas caché sa frustration ces dernières semaines sur la lenteur des réponses apportées pour mieux identifier les candidats potentiels à la radicalisation en ligne.

Une cellule pour lutter contre la radicalisation djihadiste

Washington pour sa part crée une cellule pour lutter contre la radicalisation djihadiste La Maison Blanche a annoncé vendredi la mise en place d’une cellule, réunissant plusieurs agences fédérales, destinée à lutter contre l’extrémisme violent et la radicalisation d’individus sur le sol américain.

« Les terribles attentats de Paris et San Bernardino cet hiver ont mis en lumière la nécessité pour les Etats-Unis (…) de priver les extrémistes violents tels que ceux de l’organisation Etat islamique d’un terreau fertile de recrutement », a indiqué Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC).

Cette nouvelle cellule aura pour objectif d' »intégrer et harmoniser » les efforts menés sur le territoire américain par le ministère de la Sécurité intérieure et celui de la Justice.

Ces différentes initiatives reflètent « l’engagement du président Obama à prendre toutes les mesures possibles pour faire face aux activités terroristes et les interdire où qu’elles soient, y compris en ligne », a ajouté le porte-parole du NSC dans un communiqué.