Arrivée à Halifax du ravitailleur espagnol BAC Patiño pour épauler la Marine royale canadienne

Le navire ravitailleur BAC Patiño de la marine espagnole. (Armada española)
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Le navire ravitailleur BAC Patiño de la marine espagnole. (Armada española)
Le navire ravitailleur BAC Patiño de la Marine espagnole. (Armada española)

La Marine royale canadienne (MRC) accueillait aujourd’hui à Halifax le navire ravitailleur espagnol BAC Patiño (A-14) dans le cadre d’un accord de soutien logistique mutuel entre le Canada et l’Espagne.

Cet accord, une initiative à court terme, vise à pallier les lacunes canadiennes en matière de services de soutien en mer. Il donne à la Marine canadienne la possibilité de mieux maintenir sa capacité de mener des opérations avec des navires ravitailleurs en mer tout en renforçant ses liens avec la Marine espagnole.

L’objectif premier du BAC Patiño est « de fournir une expérience opérationnelle afin d’améliorer les compétences individuelles et les capacités de matelotage de base des marins canadiens qui en ont besoin pour participer aux opérations de déploiement et pour conserver l’expertise nécessaire aux manœuvres à bord des navires de la classe Queenston lorsqu’ils auront été livrés », explique le communiqué de la Marine.

Le BAC Patiño quant à lui accompagnera la Flotte canadienne de l’Atlantique durant des opérations d’un groupe opérationnel plus tard en février.

« Cet accord avantageux tant pour nos collègues espagnols que pour le Canada nous permet, non seulement de combler une lacune à court terme en ce qui concerne la flotte canadienne, mais mieux encore, de renforcer des liens indispensables avec un allié aux vues semblables, et ce, grâce à l’acquisition et l’échange d’une expertise. L’investissement dans les partenariats est essentiel à la réussite actuelle et future de la MRC. », a pour sa part souligné le vice-amiral Mark Norman, commandant de la Marine royale canadienne.

Compter sur nos alliés

Depuis le retrait du service des ravitailleurs canadiens, la Marine royale canadienne doit en effet compter sur les navires alliés pour se ravitailler en carburant, en vivres, en munitions et en pièces de rechange au cours de ses missions à l’étranger.

Pendant ce temps, la livraison par le chantier Seaspan de Vancouver du premier des deux bâtiments qui devait les remplacer, qui était officiellement prévue pour 2019 par le gouvernement, a comme on le sait été reportée et le premier navire de ravitaillement ne pourra probablement pas être opérationnel avant au moins 2022.

Entre temps, d’ici à ce que le chantier de Vancouver puisse livrer les ravitailleurs, la Marine royale canadienne (MRC) pourra réaliser ses missions au courant des prochaines années grâce à un ravitailleur «provisoire» que lui livrera le chantier Davie de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, mais, dans l’immédiat, le Canada doit compter sur des navires étrangers pour la formation de ses marins.

C’est ainsi qu’en juillet dernier, était arrivé à Esquimalt, sur la côte ouest, le navire de ravitaillement AO 52 Almirante Montt de l’Armada de Chile (la Marine chilienne), qui a navigué par la suite pendant 40 jours dans la région de l’océan Pacifique canadien afin d’appuyer les besoins en instruction de la MRC.

Et en octobre dernier, vingt-huit marins de la Marine royale du Canada avait servi à bord d’un navire de ravitaillement de la Marine espagnole, le Cantabria, pendant un exercice majeur de l’OTAN, l’exercice TRIDENT JUNCTURE 2015, en profitant pour se familiariser avec ce navire que la Marine canadienne devrait louer jusqu’à ce que ses propres navires de soutien lui soient enfin livrés.

Par contre, le 30 novembre 2015, le gouvernement du Canada annonçait la passation d’un marché avec le consortium Project Resolve, lequel visait la construction d’un pétrolier ravitailleur d’escadre provisoire. Ce contrat prévoit la conversion d’un navire porte-conteneur commercial (MV Astérix) en un pétrolier ravitailleur d’escadre. Chantier Davie Canda inc. fournira les services en mer d’ici à l’automne 2017.

Le Patiño

Le Cantabria et le Patiño ont tous deux été construits par les chantier Navantia, une société de construction navale propriété de l’état espagnol.

« Je suis convaincu que le SPS Patiño s’intégrera parfaitement à la Flotte canadienne de l’Atlantique, lui fournissant les moyens de maintenir les compétences nécessaires pour utiliser les systèmes de ravitaillement tout en perfectionnant un éventail de compétences de conduite de guerre liées au maintien des forces navales en mer pendant de longues périodes. Il s’agit d’une riche occasion qui repose sur notre alliance avec l’OTAN et une longue expérience de soutien mutuel lors d’opérations partout dans le monde. », a quant à lui déclaré le contre-amiral John Newton, commandant des Forces maritimes de l’Atlantique.

Les navires de ravitaillement pour le combat (BAC) « Patiño » et « Cantabria » forment le groupe de navires logistique de la flotte. Ils appartiennent au premier groupe d’action naval de la flotte.

Le « Patiño« , basé à Ferrol, dans la province de La Coruña a été construit au milieu des années 90 aux chantiers Navantia Ferrol. Dans ses plus de quinze ans de service, il a subi plusieurs modifications pour améliorer et mettre à jour ses compétences.

En plus de son rôle de navire de ravitaillement pour le combat le Patiño est aussi un navire hôpital qui peut fournir des soins de santé à des unités de combat en mer. Il peut soutenir un groupe de combat (un porte-avions, cinq frégates et une vingtaine d’avions embarqués) pendant une période continue de 21 jours.

En outre, ses systèmes de communication et les infrastructures lui permettent de servir également de navire de commandement et de contrôle. C’est ainsi qu’en 2011-2012, il a participé en tant que navire de commandement à l’opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique.