Attentat d’Ankara: le premier ministre turc Davutoglu accuse, le PKK et le PYD démentent

Les pompiers tentent d'éteindre les flammes après une explosion visant des véhicules militaires à Ankara, le 17 février 2016. (AFP/STRINGER)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Les pompiers tentent d'éteindre les flammes après une explosion visant des véhicules militaires à Ankara, le 17 février 2016. (AFP/STRINGER)
Les pompiers tentent d’éteindre les flammes après une explosion visant des véhicules militaires à Ankara, le 17 février 2016. (AFP/STRINGER)

L’attentat à la voiture piégée qui a tué 28 personnes mercredi soir à Ankara a été planifié par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les milices kurdes de Syrie et a été commis par un Syrien de 23 ans, a affirmé jeudi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
—–
Mise à jour au 18/02/2016 à 17h54

Washington s’est refusé jeudi à désigner un responsable de l’attaque qui a fait au moins 28 morts mercredi dans le centre d’Ankara, appelant aussi bien la Turquie que les combattants kurdes en Syrie à la retenue.

—–

« Cette attaque terroriste a été commise par des éléments de l’organisation terroriste (PKK) en Turquie et un milicien des YPG » (Unités de protection du peuple, milices kurdes de Syrie) qui s’est infiltré en Turquie », a déclaré M. Davutoglu à la presse, ajoutant la police avait déjà procédé à neuf interpellations dans le cadre de son enquête.

« Le nom de l’auteur de l’ attentat est Salih Necar. Il est né en 1992 dans la ville d’Amuda, dans le nord de la Syrie (…). L’organisation terroriste et les YPG ont conjointement commis cette attaque », a insisté le chef du gouvernement. « L’attaque à un lien direct avec les YPG », a-t-il ajouté.

Le PKK a cependant démenti, par la voix d’un de ses dirigeants, Cemil Bayik, être à l’origine de l’attentat qui a frappé le cœur de la capitale turque.

Et le chef de la principale formation kurde en Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD), a démenti lui aussi jeudi toute implication de son bras armé, les Unités de protection du peuple (YPG), dans l’attentat perpétré la veille à Ankara qui a fait 28 morts.

« Nous démentons tout implication dans cette attaque (…) et ces accusations sont clairement liées à la tentative d’intervenir en Syrie », a affirmé à l’AFP Saleh Muslim.

« Nous n’avons jamais entendu parler de Salih Necar », a-t-il ajouté.

Des chars de l’armée turque positionnés à Oncupinar près de la ville de Kilis pilonnent le 16 février 2016 la frontière avec la Syrie. (BULENT KILIC/AFP)
« Nous ne savons pas qui l’a commis mais cela peut être une riposte aux massacres de la Turquie au Kurdistan », a dit toutefois le responsable du PKK, cité par l’agence prokurde Firat.

Depuis samedi, l’artillerie turque bombarde à un rythme quotidien des positions tenues par les YPG, qui ont profité de l’offensive des forces du régime de Damas dans la province d’Alep (nord), appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires proches de la frontière turque.

Le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara accuse les YPG et le PYD d’être des organisations « terroristes » car proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 une lutte armée sur le sol turc.

Par ailleurs, au moins 6 soldats ont été tués jeudi matin dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie dans une attaque attribuée par les autorités aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a-t-on appris auprès des services de sécurité.

Cette attaque a visé un convoi militaire dans la localité de Lice, dans la province de Diyarbakir, a-t-on précisé de mêmes sources. Elle intervient au lendemain d’un attentat à la voiture piégée qui a fait au moins 28 morts dans la capitale turque Ankara, dont le gouvernement a rendu responsables le PKK et les milices kurdes de Syrie.