Colombie: la guérilla des Farc renonce à enrôler des mineurs

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L'écusson d'un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)
L’écusson d’un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)

La guérilla des Farc a annoncé mercredi qu’elle renonçait à enrôler des mineurs, dans le cadre des pourparlers avec le gouvernement colombien qui devraient déboucher sur un accord de paix prochainement.

« Dans le but d’avancer le plus rapidement possible vers la fin du conflit, aujourd’hui nous annonçons au pays notre décision de mettre fin au recrutement de mineurs de moins de 18 ans » au sein des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a annoncé la négociatrice de la rébellion Victoria Andino à La Havane, où se tiennent des discussions de paix depuis fin 2012.

Il y a un an, au cours de ces mêmes pourparlers, la principale guérilla de Colombie, forte de 7.000 combattants, avait déjà annoncé qu’elle relevait de 15 à 17 ans l’âge minimum de ses nouvelles recrues.

Mercredi, elles ont en outre demandé au président colombien Juan Manuel Santos de mettre fin au service militaire obligatoire en Colombie.

« Nous invitons le président Santos à honorer sa promesse électorale et à mettre immédiatement fin au service militaire obligatoire et aux pratiques de recrutement de mineurs pour leur infiltration dans les structures des guérillas », a déclaré Victoria Andino.

Entre 1999 et 2015, plus de 5.708 mineurs de moins de 18 ans enrôlés de force par des guérillas et groupes paramilitaires ont été pris en charge par les services de l’enfance, selon un rapport officiel. Quelque 70% d’entre eux auraient été victimes de violences sexuelles et 84% auraient ont participé à des combats.

Le conflit interne colombien, auquel ont pris part l’armée, des guérillas communistes, des milices paramilitaires d’extrême droite et des bandes criminelles, a fait en plus de cinquante ans quelque 220.000 morts et plus de cinq millions de déplacés.

Ouverts en novembre 2012, les pourparlers de paix qui se déroulent à Cuba ont pour l’instant permis de nouer des accords sur quatre des six points figurant à l’agenda pour arriver à un accord de paix final que les parties souhaitent signer d’ici le 23 mars.

L’autre mouvement de guérilla du pays, l’Armée de libération nationale (ELN, 1.500 combattants), est aussi engagée depuis janvier 2014 dans un « dialogue exploratoire » en vue d’éventuelles négociations de paix avec le gouvernement.

Mais 8 policiers blessés dans un attentat attribué à l’ELN




Mais huit policiers ont été blessés mercredi en Colombie dans un attentat à l’explosif attribué à la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et commis à Cucuta (est), à la frontière avec le Venezuela, a-t-on appris de source officielle.

Un engin explosif, apparemment placé « dans un sac d’ordures », a explosé vers 06H45 locales (11H45 GMT) sur une place du centre de la ville, où des policiers étaient en train de suivre une formation.

Huit d’entre eux ont été blessés, principalement aux jambes, a précisé à la presse le commandant de la police de Cucuta, le colonel Jaime Alberto Barrera.

« Cet acte est attribué au front urbain de l’ELN », a ajouté lors d’une conférence de presse le directeur de la police, le général Rodolfo Palomino.

L’ELN, seconde guérilla du pays avec environ 1.500 combattants et engagée depuis deux ans dans des dialogues préparatoires à des négociations de paix avec le gouvernement, est très présente dans le département Norte del Santander, dont Cucuta est le chef-lieu.

Le général Palomino a promis jusqu’à 100 millions de pesos (environ 30.000 dollars) de récompense pour la capture de deux des membres de l’ELN opérant dans la région. « L’ELN se trompe si elle croit qu’avec ça elle va nous intimider », a-t-il affirmé.

Le commandant de l’armée de terre, le général Alberto Mejia, avait déclaré mardi que les forces armées étaient en « alerte maximale » dans tout le pays en prévention de possibles attaques de l’ELN.

Lundi, le président Juan Manuel Santos avait ordonné à l’armée d’intensifier ses opérations contre cette guérilla, quelques heures après un autre attentat aux explosifs commis contre une brigade militaire à Arauca (est), sans faire de victime.

Les dialogues préliminaires avec l’ELN ont débuté en janvier 2014, en parallèle aux pourparlers de paix menés depuis novembre 2012 avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), qui compte quelque 7.000 hommes. Le gouvernement et les Farc se sont engagés à signer un accord de paix d’ici le 23 mars.


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