De l’Afghanistan à l’Irak: 10e anniversaire du Commandement des forces spéciales canadiennes

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Le 1er février 2016, c’était le dixième anniversaire du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN), responsable des forces spéciales des Forces armées canadiennes et, de ce fait, des opérations de contre-terrorisme, de contre-prolifération, de reconnaissance spéciale et d’action directe au Canada dont on attend peu parler, ces opérations étant entourés de secret, pour ne pas dire de mystère.

En 2005, général Rick Hillier, alors chef d’état-major de la défense (CEMD), avait affirmé que « nous avons besoin de Forces canadiennes intégrées qui se composent de forces maritimes, aériennes, terrestres et spéciales, regroupés dans le but d’accroître l’efficacité militaire. » et qu’il « prévoyait regrouper la FOI 2 avec tous les facilitateurs dont elle aurait besoin pour mener avec succès des opérations au sein d’une même organisation dirigée par un seul commandant. »

Le 1er février 2006, a donc été créé le COMFOSCAN, qui incluait le quartier général, la FOI 2, l’Unité interarmées d’intervention du Canada (UIIC), le Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC) et le 427e Escadron d’opérations spéciales d’aviation (EOSA).

Pendant les dix années qui se sont écoulées depuis sa création, le COMFOSCAN a commandé des opérations nationales et internationales, plus particulièrement dans les théâtres de combat et des pays à risque.

L’origine des opérations spéciales

L’origine des opérations spéciales au Canada remonte à l’époque où le pays était encore une colonie française.Les forces d’opérations spéciales ont ensuite refait une apparition au cours de la Deuxième Guerre mondiale, avec la participation canadienne aux British Special Operations Executive, responsables du sabotage et de la subversion dans l’Europe occupée.




Le Canada a également créé la Force Viking, sa propre version des fameux commandos britanniques, en plus du Beach Commando «W» de la Marine royale canadienne.

Mais l’ancêtre le plus connu et le plus célébré de nos Forces spéciales d’aujourd’hui est le Premier Détachement du service spécial, surnommé «Devil’s Brigade», «La brigade du Diable)», une unité de forces spéciales américano-canadiennes au sein de l’US Army durant la Seconde Guerre mondiale, spécialisée dans le combat en montagne.

Composée de volontaires américains et canadiens, on retrouvait au sein de la »Brigade du Diable» nombre d’«hommes des bois», de trappeurs ou bûcherons.En tout, plus de 700 Canadiens ont servi au sein de la Brigade du Diable.

Les hommes de la brigade subissaient à Fort William Henry Harrison, dans le Montana, un programme d’entraînement comportant escalade, ski, utilisation d’explosifs et parachutisme.

Le Premier Détachement du service spécial a été crée en juillet 1942 et dissout en décembre 1944.

L’après-guerre

Le mandat en matière d’opérations spéciales durant la période d’après-guerre est devenu la responsabilité de la Compagnie canadienne d’opérations spéciales aéroportées, qui a existé entre 1948 et 1949. Ensuite, cette responsabilité est passée au Régiment aéroporté du Canada, de 1968 à 1995. Le mandat du Régiment aéroporté du Canada était de déployer une équipe dans un théâtre opérationnel dans les 48 heures pour fournir une «force en mesure de rapidement faire face à toute menace inattendue ou de répondre à tout engagement pris par les Forces armées canadiennes» et à tout «type de tâches des forces spéciales.»

Ce n’est pas avant le milieu des années 90, cependant, que les FOS du Canada que nous connaissons aujourd’hui ont réellement pris forme. Le 1er avril 1993, le ministère de la Défense nationale (MDN) a pris la responsabilité nationale de la libération des otages/de la lutte contre le terrorisme lorsqu’il a créé la Force opérationnelle interarmées 2 (FOI 2) pour remplacer le Groupe spéciale des interventions d’urgence (GSIU) de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le déploiement d’une force opérationnelle d’opérations spéciales de la FOI 2 en Afghanistan après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 (9/11) à New York est devenu un point tournant pour l’unité et pour l’ensemble des FOS canadiennes. « Comme un grand nombre de ses prédécesseurs, la FOI 2 a façonné sa réputation au combat et a mérité d’être reconnue sur la scène internationale à titre d’unité des FOS de premier niveau. La mission de combat continue en Afghanistan de 2005 à l’arrêt des opérations canadiennes de combat en 2011 a simplement renforcé sa crédibilité à l’échelle internationale », écrit sur son site le ministère canadien de la Défense.

Les forces spéciales aujourd’hui

Le recours aux forces spéciales en lieu et place des forces régulières est devenu, avec la nature changeante des conflits, de plus en plus fréquent.

Aujourd’hui, fans le cadre de la mission de combat canadienne en Irak, ce sont des membres des forces spéciales qui forment, entraînent et assistent les peshmergas kurdes qui sont en pointe dans le combat contre les djihadistes du groupe armé État islamique.

C’est dans l’accomplissement de cette mission qu’en mars 2015, qu’un membre du Régiment d’opérations spéciales du Canada basé à la garnison de Petawawa, le sergent Andrew Joseph Doiron, a été tué en Irak dans un incident de tir ami au moment où des membres des Forces d’opérations spéciales ont été pris pour cible par erreur par les forces de sécurité kurdes à la suite de leur retour à un poste d’observation derrière les lignes de front.

L’an dernier, près avoir essuyé le feu des djihadistes de l’État islamique sur la ligne de front en Irak, nos Forces spéciales canadiennes s’étaient aussi retrouvés dangereusement près des combattants du redoutable groupe islamiste Boko Haram en Afrique, alors qu’ils s’entraînaient à la périphérie de la ville de Diffa avec les troupes du Niger en préparation «à l’exercice FLINTLOCK 15, dirigé alors par le Tchad.

Et, cette année encore, les Forces spéciales canadiennes vont poursuivre leur contribution au renforcement de forces locales à l’étranger lorsque quelque 100 soldats des forces spéciales canadiennes se rendront de Petawawa au Sénégal pour participer à l’exercice antiterroriste pour les commandos africains FLINTLOCK 2016 qui débutera le 8 février pour se terminer à la fin du mois et où elles assisteront où les troupes du Niger avec qui elles s’étaient entraînées l’an dernier.


Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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