Turquie: 28 morts et 61 blessés dans l’attentat à la voiture piégée à Ankara

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Un attentat à la voiture piégée dirigé contre un convoi militaire a fait jusqu’à maintenant 28 morts et 61 blessés mercredi soir en plein centre d’Ankara, dans un pays touché depuis plusieurs mois par la violence djihadiste et la reprise du conflit kurde.
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Mise à jour au 178/02/2016 à 16h52

Les États-Unis ont fermement condamné l’attentat et ont assuré leur allié turc de leur soutien: « Les États-Unis condamnent fermement l’attentat terroriste contre des personnels militaires turcs et des civils aujourd’hui à Ankara », a indiqué dans un communiqué Mark Toner, porte-parole du département dÉEtat.

« Nous offrons nos condoléances aux familles de ceux qui ont été tués et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. Nous réaffirmons notre solide partenariat avec la Turquie, notre alliée au sein de l’Otan, pour combattre les menaces terroristes que nous partageons », a-t-il ajouté.

L’attentat n’a fait l’objet d’aucune revendication immédiate.

—— à 15h43Le Canada condamne l’attentat terroriste qui avait pour cible les membres des forces armées turques à Ankara aujourd’hui, déclare le ministre des Affaires étrangères canadiennes, Stéphane Dion, qui offre les « sincères condoléances [du Canada]aux familles et amis des personnes tuées et blessées Ankara ».

—– à 15h39 Une réunion prévue jeudi à Bruxelles entre un groupe de 11 pays de l’UE dits « volontaires » pour se répartir davantage de réfugiés arrivant de Turquie a été annulée à la suite d’un attentat sanglant à Ankara, ont annoncé mercredi des sources diplomatiques.

A la suite de cet attentat contre des véhicules de l’armée turque qui a fait au moins 28 morts, la réunion bruxelloise, organisée par l’Autriche, a été annulée, ont indiqué ces sources à l’AFP.

—– à 15h12

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a promis mercredi soir de riposter après l’attentat à la voiture piégée contre des véhicules militaires: « Que l’on sache que la Turquie n’hésitera pas à recourir à tout moment, à tout endroit et en toute occasion à son droit à la légitime défense », a indiqué M. Erdogan dans un communiqué publié par son service de presse.

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Selon le gouverneur de la capitale turque Mehmet Kiliçlar, cité par les médias locaux, cet attentat a visé un convoi de bus de l’armée près de la place Kizilay, où sont localisés de nombreux ministères, l’état-major des armées et le Parlement turc.

Très puissante, la déflagration a été entendue dans une large partie de la ville et a causé un début de panique parmi ses habitants, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’attaque s’est produite à 18h31 locales (16h31 GMT) et à visé « des véhicules de service qui transportaient des personnels militaires », a précisé l’état-major dans un communiqué publié sur son site internet. « L’attaque terroriste a été déclenchée lorsque les véhicules étaient arrêtés à un feu rouge à un croisement », a ajouté le commandement.

Cet attentat n’a fait l’objet d’aucune révendication immédiate.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a immédiatement annulé la visite qu’il devait effectuer à partir de mercredi soir à Bruxelles pour évoquer la crise des migrants avec les responsables de l’Union européenne (UE).

« La visite de M. le Premier ministre à Bruxelles a été annulée », a indiqué à l’AFP un responsable turc sous couvert de l’anonymat.

Le chef du gouvernement islamo-conservateur participait mercredi soir à une réunion de sécurité avec le président Recep Tayyip Erdogan.

Les chaînes d’information turques ont montré des images d’un violent incendie qui a embrasé des véhicules militaires.

De nombreuses ambulances et des véhicules de pompiers ont été dépêchés sur les lieux de l’explosion, sécurisés par un important cordon de forces de l’ordre.

Une deuxième explosion a été entendu sur place peu de temps après l’attentat, a rapporté une journaliste de l’AFP. Selon les médias locaux, elle a été provoquée par l’explosion d’un colis suspect.

La Turquie sur le qui-vive




Le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag, a dénoncé sur son compte Twitter une « attaque terroriste », sans l’attribuer, et lancé un appel au calme.

Le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir), Omer Celik, a lui aussi évoqué sur les réseaux sociaux un « acte terroriste ». « Mais notre détermination à combattre sera encore plus grande », a-t-il ajouté.

La Turquie est sur le qui-vive depuis plusieurs mois à la suite d’une série d’attentats qui ont visé son territoire depuis l’été dernier, tous attribués par les autorités au groupe jihadiste de l’Etat islamique (EI).

Le plus meurtrier, le 10 octobre dernier, avait tué 103 personnes devant la gare centrale d’Ankara alors qu’elles se rassemblaient pour participer à une manifestation pour la paix organisée par des organisations de gauche et pro-kurdes.

Le 16 janvier dernier, un autre attentat suicide, également attribué à l’EI par le gouvernement turc, avait visé un groupe de voyageurs allemands dans le quartier touristique de Sultanahmet à Istanbul, tuant 11 d’entre eux.

Depuis l’été dernier, la Turquie est également affectée par la reprise du conflit kurde. Des affrontements meurtriers opposent chaque jour les forces de sécurité aux partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.

Le PKK mène aussi régulièrement des attaques contre des convois militaires.

La reprise de ces affrontements, après plus de deux ans de cessez-le-feu, a fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement à l’automne 2012 pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

La tension est également vive depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne, où l’artillerie d’Ankara bombarde des positions tenues par les milices kurdes de Syrie, qui ont profité de l’offensive des forces du régime de Damas dans la province d’Alep (nord), appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires.

La Turquie accuse le Parti de l’union démocratique (PYD) et les Unités de protection du peuple (YPG), ses milices, d’être des organisations « terroristes » car proches du PKK.

La Turquie: 25 ans d’attentats

Outre l’attentat d’aujourd’hui, la Turquie a été frappée depuis 25 ans par une série d’attentats dont le plus meurtrier est survenu à Ankara le 10 octobre 2015.

– 14 jan 2016 – six personnes -un policier et cinq civils, dont trois enfants – sont tuées et 39 blessées dans un attentat à la voiture piégée visant le commissariat central de Cinar, à une trentaine de kilomètres de Diyarbakir, la grande ville du sud-est. Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) revendique l’attentat et s’excuse pour la mort des civils.

– 12 jan 2016 – un attentat suicide à Sultanahmet, dans le cœur historique d’Istanbul, fait onze morts parmi des touristes allemands et 16 blessés. L’attaque, attribuée au groupe Etat islamique (EI), est perpétrée sur l’ancien hippodrome qui borde la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, de hauts lieux touristiques de la plus grande ville du pays.

– 10 oct 2015 – 103 personnes sont tuées et plus de 500 blessées dans un double attentat suicide devant la gare principale d’Ankara lors d’un rassemblement prokurde à Ankara. Cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue sur le sol turc, est attribuée par les autorités à l’EI.

– 20 juil 2015 – un attentat à Suruç, près de la frontière syrienne, fait 34 morts et une centaine de blessés parmi de jeunes militants de la cause kurde. Il est attribué à l’EI.

– 11 mai 2013 – un double attentat fait 52 morts à Reyhanli, grosse bourgade du sud de la Turquie près de la frontière syrienne.

– 11 février 2013 – un attentat au poste-frontière de Civelgözü (sud-est) fait 17 morts.

– 27 juil 2008 – deux attentats à la bombe font 17 morts et 115 blessés à Istanbul. Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), principal groupe rebelle kurde, est désigné par les autorités.

– 12 sept 2006 – l’explosion prématurée d’une bombe près d’un arrêt de bus du centre ville de Diyarbakir (sud-est), tue 10 personnes, dont sept enfants. Les rebelles kurdes nient toute implication.

– 15 et 20 nov 2003 – quatre attentats suicide à la voiture piégée à Istanbul contre deux synagogues, contre le consulat britannique et la banque britannique HSBC font 63 morts, dont le consul général britannique, et des centaines de blessés. Ces attentats sont revendiqués par une cellule turque du réseau Al-Qaïda.

– 13 mars 1999 – 12 morts dans un attentat à la bombe incendiaire contre un centre commercial d’Istanbul, revendiqué par le PKK avant de démentir en être l’auteur.

– 25 déc 1991 – des explosifs et des bouteilles incendiaires sont lancés contre un grand magasin situé dans la partie européenne d’Istanbul: 17 morts et 23 blessés. L’opération est attribuée au PKK.

– 6 sept 1986 – 22 morts (outre deux assaillants) dans un attentat contre la synagogue Neve Shalom à Istanbul, revendiqué par plusieurs organisations palestiniennes.

– 7 août 1982 – l’explosion d’une bombe, suivie d’une fusillade, à l’aéroport d’Ankara fait 11 morts et 63 blessés. L’attentat est revendiqué par l’Asala (Armée secrète arménienne pour la libération de l’Arménie).


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