Les Forces canadiennes vont déployer quatre hélicoptères Griffon en Irak

À bord d'un CH-146 Griffon. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Alors que les avions de chasse CF-18 seront retirés incessamment, Ottawa a annoncé aujourd’hui le déploiement d’hélicoptères Griffon CH-146, dans le nord de l’Irak.

C’est lors de la période de questions à la Chambre des communes que le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan a confirmé l’envoi prochain de quatre hélicoptères.

«Les hélicoptères Griffon sont en cours de déploiement pour la sécurité de nos troupes dans le nord de l’Irak», a indiqué au Parlement le ministre, précisant qu’ils «seront utilisés pour transporter nos soldats, car ils leurs assurent une meilleure protection».

Le Premier ministre Justin Trudeau avait annoncé la semaine dernière un changement de stratégie dans la lutte contre le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie. Si les avions de ravitaillement et de surveillance resteront sur place, le Premier ministre avait indiqué vouloir mettre l’emphase sur la formation et l’entraînement des troupes locales.

Pour y arriver, plusieurs options mettaient en avant l’usage d’hélicoptères pour le transport tactique en théâtre, au vu du nombre croissant de formateurs canadiens, qui passera bientôt de 69 à plus de 200.

Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, le ministère de la Défense précise que «les détails concernant le déploiement d’hélicoptères Griffon» ne sont pas encore finalisés puisqu’il faut encore «une analyse plus poussée, de la coordination et des discussions avec nos partenaires de la coalition».

Le ministère rappelle aussi qu’en Afghanistan, le déploiement d’hélicoptères a permis «de réduire le risque d’exposition du personnel à des embuscades, aux mines terrestres et aux engins explosifs improvisés, en fournissant une protection accrue aux mouvements de troupes par hélicoptère de transport et convois routiers.

S’il semble logique que ce soit le 427e Escadron d’opérations spéciales d’aviation qui s’occupe du transport des forces spéciales en Irak, la Défense nationale n’a pas été en mesure de nous confirmer l’escadron identifié pour la mission.

Attaqué des deux bords

Le gouvernement a également subi des attaques tant des conservateurs, que des néodémocrates, ce mardi aux Communes.

La cheffe du Parti conservateur, Rona Ambrose a martelé à plusieurs reprises que le Canada se retirait du combat. «Il [le Premier ministre] ne comprend tout simplement pas qu’il y a des moments où l’intervention militaire est nécessaire et où il faut se battre. Mais il nous a retiré de ce combat. S’il ne veut pas se battre contre les terroristes, alors quand va-t-il se battre».

Justin Trudeau lui a alors rappelé ce que nos alliés ont dit de l’annonce, citant ainsi le colonel Steve Warren, porte-parole de la Coalition, qui a loué les efforts du Canada, alors que la Coalition se penche de plus en plus sur la formation des troupes locales.

De son côté, le chef du NPD, Thomas Mulcair a insisté en demandant «Pourquoi le premier ministre a-t-il élargi la mission militaire, alors qu’il a promis plutôt aux Canadiens qu’il allait la réduire?».

La nouvelle stratégie canadienne de lutte contre l’EI en Irak et en Syrie sera débattue à compter de mercredi, aux Communes, après la période de questions, alors que le gouvernement déposera une motion en ce sens. Un vote devrait suivre dans les prochaines semaines.