Irak: deuxième jour de combats entre tribus et djihadistes à Fallouja

0
199
Des Irakiens de tribus locales posent avec leurs armes dans une rue de Fallouja, le 5 janvier 2014 (Sadam el-Mehmedy/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des Irakiens de tribus locales posent avec leurs armes dans une rue de Fallouja, le 5 janvier 2014 (Sadam el-Mehmedy/AFP)
Des Irakiens de tribus locales posent avec leurs armes dans une rue de Fallouja, le 5 janvier 2014 (Sadam el-Mehmedy/AFP)

Des combats ont opposé samedi pour le deuxième jour consécutif des tribus sunnites au groupe État islamique (EI) à Fallouja, dans un défi à l’autorité de l’organisation djihadiste qui contrôle cette ville à l’ouest de Bagdad.

Fallouja est l’une des deux dernières importantes villes d’Irak tenues par le groupe djihadiste avec celle de Mossoul dans le nord. L’EI y a imposé son autorité notamment par des exécutions publiques et les combats l’opposant aux tribus sont rares.

« Les combats se poursuivent entre des membres de tribus et Daech (acronyme en arabe de l’EI) » notamment dans les quartiers d’Al-Jolan et de Nazal, a indiqué un général de brigade, précisant que l’armée bombardait des positions de l’EI à la périphérie de Fallouja.

Il a fait état de victimes dans les deux camps mais sans donner de bilan précis.

Le cheikh Majid al-Juraissi, chef de l’une des tribus impliquées dans les affrontements, a néanmoins prévenu que ses hommes commençaient à manquer de munitions et qu’ils avaient besoin « du soutien du gouvernement ».

« Il y a des craintes que nos combattants soient complètement à cours de munitions et que l’EI les arrête et les massacre », a-t-il dit.




Saadoun Obaid al-Chaalane, élu par le conseil local pour administrer Fallouja, a lui aussi appelé le gouvernement à l’aide. Il a précisé que les tribus avaient posté des snipers sur les toits dans le quartier d’Al-Askari.

Selon des responsables, les combats ont été déclenchés vendredi par un affrontement entre des membres de la tribu Al-Juraissat et des combattants de l’EI chargés de faire respecter les strictes règles religieuses dans la ville située à 50 km à l’ouest de Bagdad et prise au début 2014 par les djihadistes.

Entre 2014 et 2015, le groupe jihadiste responsable d’exactions et de crimes contre l’humanité, a exécuté des dizaines d’hommes de tribus qui s’étaient opposés à sa présence.

Un soulèvement des tribus locales pourrait constituer une menace pour les quelque 300 à 400 djihadistes présents dans cette cité de la province d’Al-Anbar, au milieu de dizaines de milliers de civils selon des estimations.

Les habitants font face à des conditions de vie de plus en plus difficiles notamment en raison de l’isolement de Fallouja. Les jihadistes les empêcheraient de fuir la ville, selon des responsables. Le gouverneur de la province d’Al-Anbar Sohaib al-Rawi a tiré la sonnette d’alarme évoquant des cas de « famine ».

La coordinatrice humanitaire de l’ONU pour l’Irak Lise Grande a pour sa part indiqué avoir « reçu des informations sur des cas de famine et de pénuries de médicaments et de vivres ».

« Nous savons que des habitants tentent de fuir la ville mais en sont empêchés. Nous craignons que la situation n’empire », a-t-elle ajouté.

Outre Mossoul et Fallouja, l’EI contrôle toujours plusieurs localités et villages du pays, pris à la faveur d’une vaste offensive en 2014.

Après leur déroute au début de l’offensive jihadiste, les forces irakiennes, appuyées par les milices chiites et les tribus sunnites ainsi que par les frappes de la coalition internationale, ont repris l’initiative et conquis plusieurs villes dont Tikrit, au nord de Bagdad, et Ramadi dans Al-Anbar.