Le Canada étudiera l’appui technique qu’il pourrait apporter au processus de paix en Colombie

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L'ambassadrice canadienne en Colombie, Carmen Sylvain. (Compte Twitter/@SylvainEnBogota)
L’ambassadrice canadienne en Colombie, Carmen Sylvain. (Compte Twitter/@SylvainEnBogota)

Au bureau du Procureur général de la Colombie à Bogotá, s’est tenue le 25 février la première réunion exploratoire de coopération technique entre les responsables du parquet colombien et les représentants du gouvernement du Canada pour mieux préparer, notamment, la période qui s’amorce avec l’accord de paix que doivent bientôt signer la guérilla marxiste des Farc et le gouvernement colombien.

Un programme bilatéral doit être développé dans le cadre du processus de paix et de l’après-conflit en vue d’identifier les questions et les domaines où le Canada peut apporter son soutien.

Participaient notamment à la réunion l’ambassadrice du Canada en Colombie, Carmen Sylvain; la consul générale et directrice générale, Section des programmes juridiques internationaux, de Justice Canada, Deborah Friedman, et, du côté colombien, la directrice de la gestion internationale, Fabiola Castro, et le directeur des poursuites spécialisées, Ivan Fernando Lombana González.

Au cours de la réunion, de hauts fonctionnaires du ministère public colombien ont présenté aux visiteurs canadiens le rôle et les défis de l’organisation dans ce processus.

Il s’agit, explique le bureau du Procureur général dans son communiqué sur la rencontre, de renforcer les quatre piliers qui sont considérés comme fondamentaux:

  • les systèmes d’information et l’informatique,
  • la question des nombreuses mines illégales sur le territoire colombien dont la guérilla a tiré jusqu’à 20% de ses revenus, mais dont l’impact environnemental a été désastreux,
  • l’attention et le suivi des victimes
  • et, finalement, les laboratoires génétiques, le procédé dit « des empreintes génétiques » constituant une méthode d’identification quasi-absolue alors que la Colombie est aux prises avec la tâche colossale d’identifier des milliers de victimes anonymes du conflit.

Des milliers de cadavres à identifier

Parmi les défis auxquels se trouve encore confronté le pays, l’identification des milliers de victimes du conflit enterrées dans l’anonymat n’est pas le moins grand.

Dans les années 2002 à 2010, les militaires déchargeaient les cadavres par dizaines et les villageois accouraient pour vérifier si un des leurs se trouvait parmi les morts.

Sur les tombes de ceux que personne n’avait pu identifier, était alors apposée une plaque blanche comportant deux lettres noires: N.N. (abréviation du latin « nomen nescios », nom inconnu, l’abréviation utilisée pour désigner une personne anonyme ou non définie) et un numéro de registre.

Selon le parquet colombien, 2.310 personnes non identifiées seraient ainsi enterrées dans les cimetières des Llanos Orientales, région rurale sous forte influence de la guérilla des Farc, qui négocie la paix depuis 2012 avec le gouvernement.

Parmi ces « N.N. » figurent des combattants des Farc, mais aussi des « faux positifs », ces civils déclarés comme guérilleros morts au combat par des militaires, qui tentaient de cette façons d’obtenir permissions et promotions.

Le conflit armé, qui dure depuis plus d’un demi-siècle, a fait selon les derniers chiffres officiels, 7,5 millions de victimes, dont plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,6 millions de déplacés.


Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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