Les Forces armées intègrent une perspective fondée sur le sexe à la planification et aux opérations

0
Les salles d'allaitement seront obligatoires sur tous les sites militaires employant plus de 50 femmes, soit quelque 3600 sites, selon le Pentagone. (KARIM SAHIB/ARCHIVES/AFP)
Aux États-Unis, les salles d’allaitement seront obligatoires sur tous les sites militaires employant plus de 50 femmes, soit quelque 3600 sites, selon le Pentagone. (KARIM SAHIB/ARCHIVES/AFP)

Les Forces armées canadiennes prennent des mesures concrètes pour intégrer une perspective fondée sur le sexe à l’analyse, à la planification, à l’exécution et à l’évaluation de toutes les opérations des Forces armées canadiennes, annoncent le bureau du chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance.

Ces efforts permettront d’accroître l’efficacité opérationnelle. En s’appuyant sur des mesures appliquées antérieurement, ils amélioreront encore davantage les processus et procédures des Forces armées canadiennes conformément aux directives et orientations globales du gouvernement du Canada (GC), de l’OTAN et de l’ONU sur les enjeux relatifs à l’initiative sur les femmes, la paix et la sécurité.

Cela est d’autant plus important que le Canada compte revenir de plus en plus à son rôle traditionnel de gardien de la paix dans le cadre des opérations de l’ONU où la présence des femmes est primordiale.

Dans les collectivités en conflit, les hommes et les femmes, et les filles et les garçons vivent la guerre différemment. Le terme sexo-spécifique définit le jeu de rôles sociaux et culturels qui gouverne les rapports entre les femmes et les hommes et qui, par contrecoup, fait en sorte que les conflits armés n’ont pas les mêmes effets sur les unes et les autres.

Les femmes et les enfants constituent souvent la majorité des victimes des conflits actuels, mais les femmes sont aussi combattantes, participantes et dirigeantes; on les voit également négocier, faire la paix et militer en ce sens.

S’appuyant, notamment, sur la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes(RCSNU), le Canada s’emploie depuis plusieurs années à intégrer l’approche sexo-spécifique dans les opérations de consolidation de la paix et de sécurité humaine.

La résolution 1325 a été la première résolution du Conseil de sécurité qui traitait exclusivement des femmes et des conflits armés; elle définit un programme complet pour les femmes, la paix et la sécurité, par la valorisation, entre autres choses, de la nécessité d’une participation entière et égale des femmes dans les processus et les activités de consolidation de la paix, et dans la formation sexo-spécifique du personnel prenant part aux opérations de soutien de la paix.

L’analyse comparative des sexes +,(ACS+) elle, est une méthode d’analyse qui permet d’évaluer les effets éventuels de politiques, de programmes, de services et d’autres initiatives sur les femmes et les hommes de différents horizons en tenant compte du genre et d’autres facteurs identitaires. Le «plus» dans analyse comparative des sexes + sert à souligner que l’ACS+ va au-delà des sexes et comprend l’examen de tout un éventail d’autres facteurs identitaires qui se recoupent (comme l’âge, l’éducation, la langue, la géographie, la culture et le revenu).

En 1995, dans le cadre de la ratification du Programme d’action de Beijing des Nations Unies, le gouvernement fédéral canadien s’était engagé à utiliser l’ACS+ pour faire avancer l’égalité des sexes au Canada.

Aujourd’hui, à leur tour, les Forces armées canadiennes, longtemps accusées de sexisme, rappellent qu’elles intègrent pleinement cette perspective fondée sur le sexe à la planification et aux opérations militaires.

Plus tôt ce mois-ci, le général Vance a émis une directive officielle et a approuvé un document qui fait état des « mesures durables appliquées par les Forces armées canadiennes pour intégrer davantage une perspective fondée sur le sexe, comme prévu dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies (RCSNU), dans le Plan d’action national du Canada relativement à la mise en œuvre des RCSNU portant sur l’initiative sur les femmes, la paix et la sécurité, et dans la directive du gouvernement sur l’intégration de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+).

Les efforts continuellement déployés pour l’intégration d’une perspective fondée sur le sexe cadrent avec ceux que déploient nos alliés de l’OTAN, souligne aussi le chef d’état-major dans son communiqué.

La directive de mise en œuvre prévoit la création de trois postes de conseiller en matière d’égalité entre les sexes lors de la période active des affectations de 2016 (conseillers au CEMD, au commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada et au commandant du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada).

«Les FAC sont en constante évolution: elles apprennent des opérations passées et s’adaptent aux changements qui surviennent dans le domaine de la sécurité. Les efforts déployés amélioreront la manière dont nous menons nos opérations. Quand on pense aux opérations militaires — des chars d’assaut en déplacement et des avions en vol qui tirent sur des cibles — ces opérations peuvent changer sur le plan de la qualité et des caractéristiques lorsqu’on tient officiellement compte dès le départ de la perspective fondée sur le sexe et des enjeux relatifs aux populations vulnérables. Il s’agit d’une partie importante de la planification militaire réelle, qui contribuera à faire des FAC une institution plus efficace.», a déclaré le général.

Les efforts déployés par les Forces armées se fondent, notamment, sur l’appel lancé par le Conseil de sécurité de l’ONU à la communauté internationale, lui demandant d’agir sur les questions soulevées dans la RCSNU 1325 et dans 7 autres résolutions (1820, 1888, 1889, 1960, 2106, 2122, and 2242).

Les efforts supplémentaires décrits dans la directive du CEMD permettront d’améliorer la manière dont les Forces armées canadiennes planifient et exécutent les missions qui leur ont été confiées par le gouvernement du Canada, conclut le communiqué de l’état-major.


Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.