Pied de nez à la Turquie: les Kurdes syriens vont ouvrir une représentation à Moscou

Le bataillon féminin kurde (YPJ) qui progresse contre des groupes djihadistes Etat islamique et Front al-Nosra à Rojava, région du nord-est de la Syrie. YPJ fait partie du bras armé d'un parti kurde syrien proche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). (Archives/Delil Souleiman/AFP)
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Le bataillon féminin kurde (YPJ) qui progresse contre des groupes djihadistes Etat islamique et Front al-Nosra à Rojava, région du nord-est de la Syrie. YPJ fait partie du bras armé d'un parti kurde syrien proche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). (Archives/Delil Souleiman/AFP)
Le bataillon féminin kurde (YPJ) qui progresse contre des groupes djihadistes Etat islamique et Front al-Nosra à Rojava, région du nord-est de la Syrie. YPJ fait partie du bras armé d’un parti kurde syrien proche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). (Archives/Delil Souleiman/AFP)

Les autonomistes kurdes de Syrie ont annoncé leur intention d’ouvrir des « représentations » dans plusieurs capitales en commençant la semaine prochaine par Moscou, a affirmé samedi à l’AFP une responsable.

« La région autonome kurde syrienne va ouvrir le 10 février une représentation à Moscou et se prépare à en ouvrir une autre à Berlin puis plus tard à Washington, Paris et même dans des pays arabes », a affirmé Amina Oussi, vice-présidente du comité des relations extérieures du canton d’al-Jazira (Hassaké en arabe).

« Ces représentations visent à obtenir une reconnaissance (internationale) de la région autonome kurde » en Syrie, a-t-elle dit.

En novembre 2013, des formations kurdes du nord-est de la Syrie avaient annoncé l’établissement d’une administration autonome de transition.

Elle regroupe trois cantons: celle de Kobané (Aïn al-Arab en arabe, dans le centre), celle d’Efrine (dans l’ouest) et celle de Hassaké (dans l’est). Les autonomistes kurdes insistent pour la création d’un système fédéral en Syrie.

Une première « représentation » avait été ouverte l’an dernier auprès du Kurdistan irakien.

Mme Oussi a affirmé que plusieurs délégations étrangères avaient effectué des visites dans les régions tenues par les Kurdes, citant notamment la visite à Kobané fin janvier de Brett McGurk, l’envoyé spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale combattant l’EI en Syrie et en Irak, accompagné de hauts responsables français et britanniques.

Les autonomistes kurdes n’ont pas été invités aux négociations inter-syriennes qui devaient initialement débuter fin janvier à Genève. La Russie, alliée du régime de Damas, a estimé pour sa part qu’aucune négociation ne pourrait donner de résultats sans eux, tandis que la Turquie, qui redoute particulièrement les velléités d’indépendance kurde, jugeait leur présence inacceptable.

Les Unités de protection du peuple kurde (YPG) sont à la pointe dans la lutte contre les djihadistes du groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie mais elles sont considérées par Ankara comme une émanation du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), son ennemi numéro 1.