Quoi qu’en dise la Turquie, les Kurdes syriens ne sont pas des terroristes aux yeux des Américains

Le porte-parole de la diplomatie américaine, John Kirby, (g) et le secrétaire d'Etat John Kerry (d) à l'aéroport d'Amman en Jordanie, le 24 octobre 2015. (Pool/AFP/CARLO ALLEGRE)
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Le porte-parole de la diplomatie américaine, John Kirby, (g) et le secrétaire d'Etat John Kerry (d) à l'aéroport d'Amman en Jordanie, le 24 octobre 2015. (Pool/AFP/CARLO ALLEGRE)
Le porte-parole de la diplomatie américaine, John Kirby, (g) et le secrétaire d’Etat John Kerry (d) à l’aéroport d’Amman en Jordanie, le 24 octobre 2015. (Pool/AFP/CARLO ALLEGRE)

09/02/2016 19h02 GMT

L’ambassadeur des États-Unis à Ankara a été convoqué mardi au ministère turc des Affaires étrangères après des déclarations la veille d’un responsable américain affirmant que le principal parti kurde de Syrie n’était pas « terroriste », ont rapporté les médias.
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Mise à jour au 10/02/2016

De son côté, le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a violemment dénoncé mercredi le soutien militaire des Etats-Unis aux Kurdes de Syrie, qu’il considère comme des « terroristes », en affirmant que la politique de Washington avait fait de la région une « mare de sang ».

« Depuis que vous refusez de les reconnaître (comme une organisation terroriste, ndlr), la région s’est transformée en une mare de sang », a lancé M. Erdogan à l’adresse des Américains, lors d’un discours prononcé à Ankara devant des élus locaux.

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Les autorités turques, qui considèrent le Parti de l’union démocratique (PYD) comme un groupe « terroriste », lui ont fait part de leur « malaise » après un commentaire du porte-parole du département d’Etat américain John Kirby, a précisé le quotidien Hürriyet citant des sources diplomatiques turques.

Interrogé lundi sur ce sujet, M. Kirby avait répondu: « comme vous le savez, nous ne considérons pas le PYD comme une organisation terroriste ».

Depuis plusieurs mois, le soutien militaire apporté par les États-Unis au PYD et à ses milices, les Unités de protection du peuple (YPG), constitue une source de frictions récurrente entre Washington et Ankara.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’en était irrité la semaine dernière devant la presse, en dénonçant la visite rendue récemment aux YPG qui contrôlent la ville syrienne de Kobané par Brett McGurk, l’envoyé spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale antijihadiste.

« Comment peut-on (vous) faire confiance ? Est-ce que je suis votre partenaire ? Ou alors ce sont les terroristes de Kobané ? », avait lancé M. Erdogan.

Grâce au soutien militaire de la coalition dirigée par Washington, les Kurdes syriens ont repoussé il y a un an l’offensive du groupe État islamique (EI) sur la ville de Kobané.

Malgré les critiques, Ankara s’était refusé à prêter main forte aux combattants des YPG, considérés comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur le sol turc.

« Le PYD est une organisation terroriste. Les YPG sont une organisation terroriste. Le PYD est ce que le PKK est », avait insisté M. Erdogan devant les journalistes.

Le gouvernement turc redoute que le soutien militaire américain ne permette aux Kurdes syriens, qui contrôlent déjà une large partie de l’extrême nord de la Syrie le long de la frontière turque, d’étendre encore leur influence.