Stratégie pour les navires: le gouvernement veut changer de cap pour accélérer la construction

Les chantiers Irving (Photo: Archives/Irving)
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Un nouveau contrat pour le chantier naval d'Halifax (Photo: Irving Shipbuilding)
Les employés du chantier naval d’Irving Shipbuilding, un des deux chantiers naval sélectionné pour construire les futurs navires de la stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale. (Archives/Irving Shipbuilding)

Lors d’une interview avec 45eNord.ca, Lisa Campbell, sous-ministre adjointe à la Direction générale des acquisitions à Services publics et Approvisionnement Canada, a indiqué qu’une évaluation a déterminé que des concepts déjà existants de navires de guerre répondent aux besoin de la Marine royale canadienne et que le gouvernement aimerait suivre cette voie.

«Comme vous pouvez l’imaginer, il serait plus rapide de choisir un modèle de navire de guerre existant par l’entremise d’un processus concurrentiel unique plutôt que de partir de zéro pour mettre au point un modèle sur mesure», a dit Mme Campell à 45eNord.ca. «Cela simplifierait non seulement le processus d’approvisionnement, mais pourrait nous permettre de commencer la construction plus tôt et ainsi livrer les navires plus rapidement».

Elle précise cependant «qu’aucune décision n’a encore été prise», cherchant plutôt à «obtenir de la rétroaction de l’industrie à l’égard de cette possibilité» afin d’orienter une décision. Une consultation est justement en cours cette semaine.

De plus, le plan établi par le gouvernement conservateur était d’avoir les entreprises soumettant des offres pour la conception des navires, et d’envisager des offres distinctes pour l’intégration des différents systèmes à bord de ces navires.

Or, le gouvernement fédéral veut désormais combiner ces deux processus, avec un concepteur et intégrateur unique.

De son côté, le commodore Art MacDonald, directeur général du développement des forces navales, a justement précisé que la marine a également affiné ses exigences pour les navires de guerre.

Dans le précédent échéancier, le gouvernement fédéral s’attendait à recevoir le premier navire de combat de surface canadien en 2026. Lisa Campbell estime qu’avec les changements apportés pourraient permettre la livraison du premier navire aux alentours de 2020.

Au cours de la campagne électorale, le chef libéral, Justin Trudeau, a promis de retirer le Canada du programme de l’avion de chasse F-35, de choisir un jet moins coûteux pour remplacer les CF-18 et d’injecter la différence dans le programme de construction navale, qui serait sous-financé.

Lorsque la stratégie navale a été conçue, le gouvernement de Stephen Harper avait en effet arrêté en 2008 un budget de 26,2 milliards $ pour la construction de 15 navires de combat de surface, et ce, sans avoir encore la moindre idée du concept du navire. Depuis, un rapport estime plutôt qu’il en coûtera jusqu’à 42 milliards $, notamment en raison de l’inflation et de la chute du prix du huard!

«Nous ne connaissons pas encore le coût réel par navire», a expliquée la sous-ministre Campbell. Le choix du concept ne sera pas annoncé avant plusieurs mois et exigerait de toute façon certaines modifications pour répondre aux exigences uniques du Canada.

Pour l’aider dans sa réflexion sur la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN), la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement Judy M. Foote, a annoncé lundi 22 que Steve Brunton a été sélectionné comme expert indépendant, pour offrir aux ministres et aux hauts dirigeants des conseils sur les différents aspects de la SNACN, y compris la gestion de risques et de programmes, l’analyse comparative et la compétitivité en matière de construction ainsi que les améliorations à apporter en matière de rendement et d’opérations.